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Pôle & Mic: Crise morale!

Le pays est secoué par une crise, pas seulement et uniquement une crise économique ou financière. La crise est multidimensionnelle. Le refuge vers la religion ou le régionalisme ne serait qu’une conséquence de cette crise. Déjà, l’Algérien n’a pas pu encore dépasser la question identitaire et fait de son identité ou d’une des composantes de son identité son cheval de bataille. Et pourtant, les mentalités ont évolué et l’Amazighité est bien reconnue par les politiques et elle est devenue, grâce aux luttes, une langue nationale. Cette crise identitaire n’est que le résultat d’un populisme et d’un «intégrisme» où l’on a sacralisé la langue arabe car étant la langue du Coran. Or, l’arabisation «forcée» n’est que «politique». Du coup, on a rejeté les autres langues. Pire, on a traité tous ceux qui utilisent la langue française, butin de guerre, de tous les noms en allant jusqu’à les excommunier. Et ce n’est pas tout, la société est aussi secouée par une crise morale où les valeurs commencent à «se perdre». La cupidité, résultat du «gain facile», a gangrené la vie sociale et la corruption est devenue presque une norme. Une crise morale que l’on veut occulter, car elle dérange tant les politiques que les religieux. Combien de fois, des imams, sur ordre du ministère des affaires religieuses, ont prêché et lancé des fetwas contre la «harga» et la corruption mais en vain. Les disputes entre citoyens et entre membres de la famille font partie du quotidien et ne semblent plus gêner que peu de gens qui luttent contre toutes les formes de violence. La saleté dans nos rues et devant nos domiciles n’est qu’une force du «laisser aller» et aussi de la violence. Oui, une violence contre les autres et la nature. L’inculture a provoqué cette crise morale. Une crise morale qu’on n’évoque que rarement. Une crise morale qui risque de nous conduire vers l’inconnue si l’on ne se décide pas à se retrousser les manches pour y faire face. Les solutions à cette crise sont nombreuses à commencer par un travail culturel et un travail de confiance pour redonner espoir à l’Algérien envers l’Etat et dans l’avenir. C’est dur mais réalisable. Déjà, commençons par moraliser la vie politique qui est devenue synonyme de prédation.

À propos B. Nadir

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