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Blaoui Houari s’éteint à l’âge de 91 ans: Oran perd son chantre

Le chantre de la chanson oranaise, hadj Blaoui Houari, est décédé, mercredi matin, à Oran, à l’âge de 91 ans, des suites d’une longue maladie, a-t-on appris de bonne source. Le défunt, l’icône du genre wahrani et l’une des figures marquantes de la chanson algérienne, est décédé, aux premières heures de la matinée, suite d’une longue maladie qui l’a contraint à s’éloigner des mois durant de la scène artistique locale et nationale. Le défunt a été inhumé dans l’après-midi au cimetière d’Aïn El Beïda d’Oran, a-t-on ajouté de même source. Blaoui Houari est né à Sidi Bled dans le quartier de M’dina Jdida d’Oran, il fera son apprentissage musical grâce à son père Mohamed Tazi mélomane et joueur de Kouitra (sorte de guitare) ainsi que son frère Kouider Blaoui qui lui fera découvrir et aimer les sonorités du Banjo et de la Mandoline. Il quitte l’école vers l’âge de 13 ans pour aider son père qui tenait un café. Sous l’influence des musiciens oranais, il va s’imprégner de la musique moderne. Et c’est au cinéma Pigalle (El Feth aujourd’hui), qu’il remporte un premier prix de Radio-Crochet. Ce succès le décidera dans une voie de modernisateur d’un genre populaire oranais, le bédoui, auquel il restera attaché. En 1942, lors du débarquement américain à Oran, il est engagé comme pointeur aux docks du port. Il va alors s’initier au piano et à l’accordéon et reprendra en compagnie de Maurice El Médioni des succès américains et français. Durant les années 1940, il anime des mariages, des circoncisions et des fêtes familiales, transcrivant, pour la première fois, la musique bédouine avec des instruments modernes notamment en reprenant le célèbre poème Biya Dek el-Môr écrit par Cheikh Bensmir. En 1943, il fonde, avec l’aide de son frère Maâzouzi et de l’arbitre international Kouider Benzelat, son premier orchestre musicos-théâtral où l’on retrouve Abdelkader Haoues, Boutlélis, Meftah Hmida et Blaoui Kouider. En 1949, il prend la direction de l’orchestre chargé d’animer, tous les quinze jours durant six mois, la saison de l’opéra d’Oran. Devenu professionnel, il enregistre en 1955 chez Pathé son premier 45 tours où il reprend le fameux Rani M’hayer de Benyekhlef Boutaleb. Après l’indépendance, Il rejoint la station régionale d’Oran de la Radio et Télévision Algérienne en tant que chef d’orchestre. En 1970, il participe durant sept mois à l’animation de l’ensemble musical algérien qui se produisait à l’exposition universelle d’Osaka, au Japon.
En 1986, il enregistre un album formidable sous le titre Dikrayat Wahran (Les souvenirs d’Oran). Il adopte un rythme et style tout à fait oranais. Depuis, il s’est retiré progressivement de la scène artistique. Auteur de chefs d’œuvres éternelles «Bya Dak El Mour», «Jar Aliya El Ham», «Chehal hadrou W galou Alina», «Ya Marquoum Erichate», «S’hab L’khaoui», «Hmama», etc… il a été aussi un militant du mouvement national à l’époque coloniale et un moudjahid aux côtés d’autres artistes algériens ayant contribué, durant la révolution de novembre 1954, à la prise de conscience nationale. Auteur-compositeur, composant près de 1.000 chansons, il est un créateur, issu d’une famille d’artistes. Son père était un homme de culture qui a écrit des pièces de théâtre de «Sidi Blal» à haï Médina Jdida à Oran. Le domicile mortuaire est à cité Protin. Nos sincères condoléances à la famille du défunt.

À propos N.Benaouda

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