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Alors que l’Algérie est prête à les prendre en charge sur son territoire: Pourquoi le Maroc bloque-t-il les réfugiés syriens?

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif a déjà évoqué ce sujet en informant que «le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a été informé de la décision des plus hautes autorités algériennes d’accueillir, à titre humanitaire, sur son territoire, le groupe de ressortissants syriens, dont une femme enceinte et des enfants, qui se trouve bloquée, depuis le 17 avril dernier à Figuig en territoire marocain». Mais cette disposition semble avoir en face l’entêtement du Makhzen qui refuse de libérer ces Syriens pris désormais en otages sur son territoire. Selon Amnesty International (AI), «les autorités marocaines bafouent leurs obligations internationales en matière de protection des réfugiés en bloquant un groupe de 25 réfugiés syriens dans une zone désertique à la frontière entre le Maroc et l’Algérie et en les privant de la possibilité de demander l’asile et de recevoir une aide humanitaire d’urgence». Cette organisation internationale des droits de l’homme décrit une situation alarmante de ces réfugiés qui ont «survécu, jusqu’à présent, grâce à l’aide et aux denrées fournies de manière informelle par des habitants de Figuig, avec l’aide de la police des frontières marocaines, mais cette aide s’est interrompue le vendredi 2 juin 2017 au matin, selon les réfugiés ». Des organisations de défense des droits humains et humanitaires marocaines et même le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ne sont pas autorisés par la police des frontières du Royaume à se rendre sur place. «En refusant aux réfugiés syriens la possibilité d’entrer en contact avec le HCR, les autorités marocaines bafouent leurs obligations internationales. Ces personnes ont fui des massacres et des bombardements en Syrie et sont venues chercher la sécurité dans un autre pays ; les autorités marocaines doivent leur accorder le droit de demander l’asile », a déclaré Heba Morayef, directrice des recherches pour l’Afrique du Nord à Amnesty International. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit, dans une déclaration, «profondément préoccupé par la détérioration rapide des conditions pour ce groupe de réfugiés syriens vulnérables », appelant le gouvernements marocain et algérien à leur permettre de passer la frontière en toute sécurité ». L’Algérie les a autorisé sans attendre le cri de détresse de ces organisations reste maintenant la partie marocaine qui prend en otage ces réfugiés de guerre livrés à eux même. Pis encore, le gouvernement marocain a soutenu toute honte bue que ces réfugiés ne se trouvaient pas sur son territoire. Ce qu’a démenti justement Amnesty International qui a examiné les données cartographiques et les images satellites publiquement disponibles, et a confirmé à partir des données GPS qu’ils se trouvaient bel et bien en territoire marocain. Les restrictions du Makhzen marocain sont telles que «le HCR n’est pas présent dans cette zone frontalière et n’est autorisé à enregistrer directement les demandeurs d’asile que dans un seul bureau situé à Rabat, la capitale du Maroc », soutient encore Amnesty International. Dans d’autres régions du royaume, les réfugiés peuvent aussi se faire enregistrer auprès de quelques partenaires locaux, mais aucun de ces partenaires n’est présent dans cette zone frontalière. Les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme sur le situation précaire de ces réfugiés dont deux d’entre eux souffrent d’hypertension et un autre d’une maladie rénale dont les autorités marocaines ne leur ont offert aucun soin et ne leur ont pas permis de rencontrer les médecins qui accompagnaient les organisations marocaines de défense des droits humains qui ont tenté de se rendre sur place. Les réfugiés dorment dans des abris de fortune, qui ne les protègent guère des insolations dans une région où les températures peuvent atteindre 45 degrés, ni de la menace des attaques de serpents. Rappelons que ce groupe de Syriens a d’abord gagné le Soudan depuis le Liban, puis a atteint la zone frontalière en passant par la Libye et l’Algérie. Les réfugiés ont tenté une première fois le 17 avril d’atteindre la ville marocaine la plus proche, Figuig, mais ils ont été repoussés dans la zone tampon par les forces de sécurité marocaines. Le 22 avril, les autorités marocaines ont publiquement accusé l’Algérie d’avoir forcé un groupe de Syriens à passer la frontière vers le Maroc. Le lendemain, les autorités algériennes ont reproché au Maroc d’avoir expulsé ce même groupe sur le territoire algérien. Dix membres du groupe qui avaient réussi à atteindre le centre-ville de Figuig dans l’espoir d’y demander l’asile ont été arrêtés par les autorités locales et la police des frontières marocaines et ont été renvoyés de force dans la zone frontalière le 5 juin. «Au lieu de renvoyer de force les réfugiés syriens dans une zone tampon aride et désertique, où leurs conditions de vie se dégradent, les autorités marocaines doivent de toute urgence leur apporter une aide humanitaire et autoriser les organisations humanitaires à se rendre sur place pour évaluer leurs besoins. Rien ne saurait justifier que l’on prive des réfugiés de l’accès à la nourriture et à l’eau», a déclaré aussi Heba Morayef. Selon le Croissant Rouge algérien, le 5 juin dernier, une délégation algérienne composée de représentants du CRA, le HCR Algérie et des autorités locales de la wilaya de Béchar s’est rendue dans la zone frontalière à proximité de Béni-Ounif pour tenter d’apporter une aide humanitaire aux réfugiés. Les membres de la délégation sont restés du côté algérien de la frontière et ont appelé les réfugiés à venir en Algérie, mais sans succès puisque les autorités marocaines ont carrément empêché les réfugiés de quitter leur territoire.

À propos Hocine Smaâli

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