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Commerçants et clients s’accusent mutuellement: Le lait en sachet se fait rare à Oran

A chaque chose, sa raison. Mais il y a une autre raison que même la raison ne connaît pas. A chaque Ramadhan, ses vieux réflexes. C’est le même scénario voire le même feuilleton. Les livreurs ont-ils eu raison du porte-monnaie des pauvres consommateurs? Tout porte à le croire, des produits de consommation stratégiques disparaissent pour ne pas dire, se font rares obligeant le citoyen lambda à faire la course contre la montre ou se réveiller plus tôt afin de s’en procurer s’il en existe évidemment. Un spectacle pour le moins anodin est offert par ces citoyens à la quête du lait en sachet semblable d’ailleurs à un demandeur de visa. Et pour cause, une tension indescriptible sur le lait en sachet est observée durant ces premiers jours du Ramadhan dans une grande partie des quartiers de la ville d’Oran. Tout le monde s’en plaint alors que d’un autre côté, un « petit monde » y trouve son compte. Les tenants et les distributeurs de tout acabit, sans foi ni gêne, ont, semble-t-il, fini par dicter leur règle. Les sachets de lait pasteurisé ont pratiquement déserté les étals .Une forte demande est relevée sur ce produit laitier de base en cette période de mois sacré. Ce mois est synonyme de boulimie et de consommation accrue sur les produits de base dont le lait. Ceci dit, la tension est montée d’un cran sur les consommateurs oranais. Certains commerçants d’alimentation générale mettent le doigt sur les quotas « réduits » qui leur sont livrés. « Les quotas livrés sont tellement réduits que tout disparaît en quelques minutes », se plaint un commerçant de la cité AADL Pépinière. D’autres revendeurs affirment n’avoir reçu « aucune livraison depuis deux jours ». Les caisses de lait que l’on pose à l’entrée des magasins restent désespérément vides, a-t-on relevé. « Le lait est une denrée indispensable pour les besoins de ma famille et de mes trois enfants en bas âge. Mes moyens financiers ne me permettent pas d’acheter les boites de lait UHT dont le prix avoisine les 100 dinars », se plaint une ménagère. « Cette tension sur le sachet de lait est un problème récurent qui se pose durant chaque mois de Ramadhan et lors des jours de fête. Les gestionnaires des laiteries devaient augmenter la production en cette période particulière de l’année, sachant que le lait est consommé en grandes quantités et sous toutes les formes », fait remarquer un autre consommateur. D’autres n’hésitent pas à mettre à l’index les livreurs. Ces derniers, selon eux, privilégient des commerçants au détriment d’autres et n’assurent pas des livraisons conséquentes aux quartiers à forte densité de population. Les responsables du secteur ont une autre version. Le citoyen, avec ses « mauvais » modes de consommation, est pointé du doigt. « Cet état de fait est dû à une consommation effrénée du lait durant ces premiers jours de Ramadhan, provoquant des ruptures de stock chez les commerçants », explique le directeur régional du commerce d’Oran, Fayçal Ettayeb. Ce responsable soutient que le mode de consommation lié au mois de Ramadhan et consistant à acheter une quantité supérieure de lait, a « énormément perturbé le marché en dépit d’une augmentation de l’offre ». « Nous avons envoyé des équipes sur le terrain pour s’informer sur cette situation. Nous pouvons avancer, sans risque de nous tromper, que cela est dû au comportement des consommateurs qui consiste à acheter le double, parfois le triple de la quantité de lait qu’il consomme habituellement au quotidien », a fait remarquer le même responsable. Le chef de service de l’observation du marché et de l’information économique à la Direction du commerce, Mohamed Mechkour, est allé dans le même sens. Il estime que « la forte demande de certains produits, dont le lait, durant la première semaine de Ramadhan, est une situation habituelle qui perturbe ainsi l’approvisionnement du marché ». Pour lui, « le comportement du consommateur explique cette situation ». Le directeur du commerce d’Oran, Ahmed Belarbi, assure que le marché local est régulièrement approvisionné en lait notamment par les unités de Mostaganem, Mascara et Saïda, en plus des apports en provenance des wilayas de Sidi Bel-Abbès et de Tlemcen (secteur privé). « Ce marché local affiche une disponibilité en lait évaluée à 200.000 litres par jour, sans compter l’apport additionnel de Giplait Mostaganem », a-t-il indiqué, ajoutant que la wilaya d’Oran est régulièrement approvisionnée en lait sachet UHT et en poudre de lait en plus du lait cru. Pour le lait cru, un approvisionnement de 30.000 litres/jour est assuré sur le marché même s’il est irrégulier, en plus du lait cru, a-t-il ajouté, rappelant que la production des trois unités privées basées à Oran, assurent une production quotidienne de 100.000 litres de lait de vache et de lait pasteurisé. Questionné à ce sujet, le directeur général par intérim de Giplait Mostaganem a affirmé qu’un quota supplémentaire de 20 % a été réservé à la wilaya d’Oran, à l’occasion de ce mois de Ramadhan et ce, par rapport aux quantités habituellement fixées. « Pour ce mois sacré, un quota additionnel de 20.000 litres par jour est consacré quotidiennement à la wilaya d’Oran par le biais des unités relevant de son secteur géographique », explique Hassan Zeggane. Il a ajouté que le dispositif mis en place a permis aux unités de Mostaganem, Saïda et Mascara, de bénéficier, à l’occasion de ce mois, d’une dotation supplémentaire de poudre de lait pour assurer un approvisionnement régulier et sans perturbation du marché. Hassan Zeggane a assuré que toutes les mesures ont été prises pour assurer une disponibilité en lait au niveau du secteur géographique relevant de la compétence de Giplait. A propos de lait cru, le président de la Chambre de l’agriculture d’Oran, El Hadj Meftah Brachemi, a indiqué que la production de lait collecté est passée de 13.200.000 litres en 2005 à près de 61 millions de litres en 2016 dans la wilaya d’Oran. Pour lui, tous les espoirs sont portés sur le périmètre de M’léta (Oued Tlélat) pour augmenter la production en lait cru et réduire les coûts. Il a également soutenu que la wilaya d’Oran a « tous les atouts » pour devenir un bassin laitier à l’horizon 2019, avec le projet de l’extension de 15.000 ha de la superficie en irrigué de M’leta et peut contribuer immanquablement à l’essor de la filière, contribuant ainsi à la réduction des importations des matières premières, la poudre de lait et l’aliment de bétail, entre autres.

À propos B.H.

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