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A la veille d’un scrutin sous la menace terroriste: La France en suspens

Il s’agit de deux fervents d’un «lifting» de la politique de l’UE, Marie le Pen et Mélenchon outre un retour quoique inespéré de Sarkozy au pouvoir. Sceptiques ont été les commentaires des officiels et de quelques candidats aux présidentielles à l’égard de la hantise du terrorisme qui frappe de nouveau la capitale parisienne. Un évènement «calculé» selon une certaine classe française et pas du tout fortuit qui semble avoir affecté de plein fouet la fin houleuse de la campagne électorale en France. Il a eu, à tout le moins, fini par réveiller le suspense et cette psychose éphémère des Français par rapport au fléau terroriste. Dans un pays tourmenté par une vague d’attentats, tout scénario et pronostic restent possibles. La France a connu 239 morts depuis le début 2015. Selon la version officielle, l’assaillant, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans au lourd passé judiciaire, a tué de sang-froid un policier et en a blessé deux autres. Contrairement aux attentats derniers, le groupe Etat islamique (EI) a rapidement revendiqué l’attaque. Du coup, après plusieurs attentats meurtriers en Europe et plusieurs tentatives récemment déjouées en France, cette fusillade risque fort d’influencer sur la balance du choix des électeurs. La mobilisation des votants et le choix des Français, depuis longtemps polarisés par deux grandes questions, la sécurité et le chômage, sont énormément en jeu. Avant cette fusillade, près du quart des électeurs était encore partagé et «indolent». L’abstention s’annonçait toujours forte. Le scrutin présidentiel qui s’annonçait une bataille gagnée d‘avance, devrait être relancé jusqu’à l’ultime souffle des candidats en course. Un « match à quatre » serré entre le centriste Emmanuel Macron, la patronne de l’extrême droite Marine Le Pen, le conservateur François Fillon et le champion de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. Evidemment les deux candidats en tête des suffrages dimanche soir, vont s’affronter face à face dans un second tour le 7 mai. Le mois que l’on puisse dire est que la campagne officielle a pris fin vendredi soir à minuit (22H00 GMT). Ce qui interdit aux médias de publier des sondages ou des déclarations de candidats jusqu’à la fin du vote. Pour qui va se pencher la balance de la campagne? Pour les spécialistes, la fusillade n’influera pas sur les sondages. Au dernier jour, les représentants de la droite et de l’extrême droite ont durci leur discours sécuritaire. Les discours des candidats se diversifient tous azimuts mais semblent tous converger sur leur volonté d’«investir» dans ce qui est arrivé dernièrement et dans les mois précédents, en France. Dans l’ensemble, ils ont appelé à un renforcement de la lutte antiterroriste. « Depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous perdions » la « guerre qui nous est menée », a dénoncé la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen. La fille de Jean Marie le Pen espère ainsi polariser sa campagne sur l’impact psychologique et médiatique de cette fusillade sur le choix des électeurs français et la peur des attentats. François Fillon, affaibli par une affaire d’emplois fictifs présumés au bénéfice de sa famille, s’est dit déterminé à combattre le terrorisme « d’une main de fer ». « Certains n’ont, semble-t-il, pas encore totalement pris la mesure du mal qui nous agresse », a-t-il lancé. Alors que l’ex-ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui espère tirer parti du désir de renouvellement exprimé par les Français, a en retour reproché à l’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) « l’affaiblissement du renseignement territorial » du fait des suppressions de postes. Le président François Hollande a assuré que tout serait fait pour sécuriser le vote: 50.000 policiers et gendarmes et 7.000 militaires seront mobilisés dimanche. La mairie de Paris a promis des renforts aux bureaux de vote qui le demanderont. « Rien ne doit entraver » ce « rendez-vous démocratique », a souligné le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Le président américain Donald Trump a mis son grain de sel dans les débats. Il s’est dit convaincu que l’attentat aurait un impact important et « aiderait probablement » la candidate d’extrême droite. La perspective d’une victoire de Marine Le Pen et du tribun de la « France insoumise » Jean-Luc Mélenchon – deux fervents critiques de l’Union européenne, sera-t-elle de mise? Ces deux protagonistes envisagent de la quitter si son fonctionnement n’est pas modifié. Ce qui donne plus d’inquiétude aux responsables politiques en Europe. De nombreux policiers ont exprimé leur colère en apprenant que l’assassin de leur collègue était un multirécidiviste qui avait plusieurs fois menacé de s’en prendre aux forces de l’ordre. Condamné à quatre reprises, notamment pour la tentative de meurtre d’un policier, le tueur, Karim Cheurfi, a passé presque 14 ans en prison. Il avait été placé en garde à vue en février après avoir affirmé à un proche vouloir « tuer des policiers en représailles de ce qui se passait en Syrie ». Mais avait été relâché, faute de preuves. Il n’a jamais donné de « signes de radicalisation ou de signes de prosélytisme », a justifié, vendredi, le procureur de Paris, François Molins. La fusillade a eu lieu quelques jours après l’arrestation à Marseille, dans le sud de la France, de deux hommes suspectés d’avoir projeté de commettre un attentat.

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