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Diaspora algérienne établie à l’étranger: 02 milliards de dollars de transfert de fonds en 2015

Les opérateurs et les investisseurs d’origine algérienne à l’étranger ramènent-ils assez d’argent, de savoir et de compétence à leur pays. Quelle intégration économique pour ces derniers à l’heure des vaches maigres et où le besoin des apports en devises de nos compatriotes de l’étranger se fait, de plus en plus, ressentir. Et quel impact aussi de ces apports sur la croissance en Algérie? Les réponses risquent d’être évasives si l’on en juge par l’analyse des nouveaux chiffres sur le rôle des opérateurs établis à l’étranger. Ces chiffres montrent en effet une certaine faiblesse des transferts de fonds des Algériens de l’étranger vers leur pays d’origine en ce sens qu’il apparaît clairement que les transferts de fonds vers l’Algérie à partir de l’étranger sont «moins importants» en 2015 par rapport à d’autres pays d’Afrique comme l’Egypte et ce, même s’ils sont «significatifs». Peut-être que ces fonds augmenteraient les trois prochaines années. Une chose est certaine. Ces transferts se sont stabilisés sur la barre des 2 milliards de dollars. Ce serait presque ou moins le même montant durant l’année d’auparavant, selon des analyses. L’Algérie était à cette époque devancée par la Tunisie. Elle est entrée dans une phase de reconstruction économique grâce à son « modèle de croissance» dont les premiers résultats sont attendus en 2019. La récente étude dévoilée à Washington sur la région Mena est tout de même sceptique mais prudente. Elle prend en compte certains paramètres comme les mutations économiques que connaissent certains pays de Mena. Les chiffres dévoilés mardi dans la capitale américaine sur les contribution des diasporas étrangères des pays de la région Mena sont illustratifs à plus d’un titre. Ils montrent en tous cas que les transferts de fonds de la diaspora algérienne établie à l’étranger ont atteint 2 milliards de dollars en 2015. C’est ce que note néanmoins une vaste enquête de la Banque mondiale (BM) sur la diaspora dans la région Mena, publiée mardi à Washington. Ce montant représente ainsi 0,9% du PIB de l’Algérie en 2014, selon cette analyse conçue pour examiner la nature de l’engagement des professionnels de la diaspora de l’Afrique du nord et du Moyen Orient dans le développement de leurs pays d’origine. Il est admis que les envois de fonds par la diaspora algérienne restent, cependant, moins importants comparés à ceux drainés par d’autres pays de la région. L’Egypte occupe le haut du tableau avec 19,7 mds de dollars transférés en 2015. Elle est suivie du Liban avec 7,2 mds de dollars. Le Maroc vient avec en 3ème position avec 6,4 mds de dollars suivi de la Jordanie (3,8 mds de dollars), selon cette enquête. Celle-ci met l’accent sur l’intérêt manifesté par les membres de la diaspora à contribuer à l’intégration économique de leur pays d’origine par trois moyens principaux: l’investissement, le commerce et le transfert des compétences. Les pays du Maghreb central (Algérie, Maroc et Tunisie) possèdent un réseau d’environ 100 associations totalisant plus de 200.000 membres, dont 28 en Algérie, 26 au Maroc, 30 en Tunisie et 10 couvrant la région du Maghreb tout entière. Selon la BM, plus de la moitié de ces associations sont des réseaux d’entreprises, composés d’étudiants et de diplômés issus d’écoles prestigieuses. « Contrairement aux réseaux marocains et tunisiens, les réseaux de professionnels de la diaspora algérienne paraissent moins bien organisés », constate l’enquête. L’étude met en exergue l’importance de l’initiative lancée par des chercheurs et des dirigeants algériens de haut niveau, dont l’ancien directeur du prestigieux « U.S. National Institutes of Health », Ilias Zerhouni, qui ont mis sur pied aux Etats-Unis « l’Algerian American Foundation » pour assurer des services de formation et d’assistance technique aux nouveaux centres de recherche médicale en Algérie. Elle cite les mécanismes mis en place par l’Algérie pour renforcer le rôle de la diaspora dans le développement économique du pays tels que le portail électronique algérien dédié aux compétences nationales à l’étranger ainsi que les 14 engagements pris par les pouvoirs publics en 2014 en vue de fournir des services à la communauté algérienne à l’étranger. Ce programme porte sur l’ouverture de succursales de banques publiques algériennes dans des pays comme la France. De même qu’il suggèrent la simplification de l’accès aux marchés publics en Algérie en favorisant les transferts de savoir-faire et financiers, indique cette étude qui s’est attardée sur les envois de fonds dans la région Mena. L’analyse de la BM prévoit que les fonds envoyés dans la région Mena augmenteraient au cours des trois prochaines années, quoique à un rythme moins soutenu mais estime qu’ils ont subi une baisse de 0,9% en 2015. Cette révision à la baisse est principalement due à un ralentissement de la croissance des fonds transférés en Egypte. Les envois de fonds à destination de l’Arabie saoudite ont continué d’afficher une croissance de 7% jusqu’au 3ème trimestre de 2015, selon les résultats de cette enquête. Une précision: la hausse estimée des envois de fonds au Liban est probablement attribuable aux fonds acheminés aux réfugiés Syriens. Les envois de fonds des travailleurs émigrés représentaient au moins 5% du PIB des pays de la région Mena importateurs de pétrole et du Yémen en 2013. L’enquête précise que « peu de pays de la région Mena ont songé à tirer parti de leur diaspora de professionnels et de travailleurs qualifiés, et peu de mécanismes sont en place pour faciliter le vaste rôle que peut jouer la diaspora ». Selon les données officielles des Nations Unies, environ 20 millions de ressortissants de la région Mena résident à l’étranger, ce qui représente 5% de la population totale de la région.

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