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Plus belle la vie: Pour sauver la démocratie, l’Afrique du Nord

Dès que pointe le museau de l’irrationalisme, on est dans la gueule de la bête: il ne s’agit plus de prier mais de se plier. Et se replier est déjà un coup fatal à «penser», on est dans les derniers retranchements d’une liberté qui s’en va en catimini… On a accablé Dieu d’une idéologie, comme si la religion est un programme politique, alors qu’elle ne peut être que subjectivité liée à une expérience profonde intérieure, au delà, le réel s’ancre dans l’au-delà, et notre subjectivité refaite ne peut plus se défaire. Pris au piège de la conviction, la vérité est une illumination fatale. Déjà la démocratie, en Europe, essuie les coups bas, d’un profil adopté bas, face à l’extension d’un monde qui s’en nourrit pour mieux la détruire. Parce que finalement tout n’est que question de démocratie. Elle brade ses principes parce que le budget est sérieusement touché par la crise. La Turquie qui organise des campagne pour son premier ministre pour ses communautés émigrées en Europe est le signal fort d’une régression démocratique, plus de prérogatives pour l’homme politique turque qui organisa un véritable pogrom contre des adversaires supposés ou réels mais qui a trouvé l’occasion trop belle pour ne pas en profiter lors du soi-disant coup d’Etat. Cela veut dire moins d’espace de liberté pour le citoyen. Et une démocratie à la turque de Kemal Ataturk qui a fait longtemps rêver les pays arabes, encore sous le joug colonialiste est en train, de nous faire faux pas, sous une idéologie qui se réclame en sourdine, d’une théocratie qui n’aura rien à envier aux oligarchies wahabistes dans leurs pratiques répressives, oppressives… Ainsi, le printemps arabe n’a vu le jour que pour mieux asservir les populations arabes, et d’avorter toute forme de révolution puisque celle là est déjà de l’histoire ancienne, avec ses luttes de classe, ses Lénine et ses Staline, ses intellectuels occidentaux fourvoyés par le charisme stalinien qui n’était rien d’autre que de la terreur entre les mains de mafieux passés maîtres du crime politique. Le peuple arabe a vécu des dictatures de gauche et des dictatures de droite, et il n’a jamais réussi ni à être à gauche, ni à être de droite, on lui a toujours sommé de ne pas être. Ce qui a fait de lui un peuple pétrissable à merci, dans un consumérisme sans bornes, il perd progressivement son identité, ses différences, ses singularités, il s’uniformise, il devient si fragile qu’il perd tout ses repères, il en acquiert d’autres qui finissent par lui donner le coup d’estoc. L’Afrique du Nord a pourtant une chance d’être le berceau d’une véritable démocratie et de sauver le peuple arabe de la déchéance: c’est un véritable lieu d’où peuvent transiter les idées d’un modernisme salvateur, par la chance historique d’une grande communauté qui est installée en Europe (bien sûr couteau à double tranchants) par sa situation géopolitique, par l’histoire qu’elle a en partage avec la France notamment mais et surtout par le bilinguisme…qui permet d’enrichir une culture pour en faire une différence féconde. Il suffit, il suffit d’œuvrer à voir ensemble l’avenir.

À propos Mostefa Bencherif

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