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Ancienne fidaya de la zone autonome d’Alger et ancienne moudjahida de la Wilaya III Danièle Djamila Amrane Minne inhumée à Béjaia

Djamila Amrane, ancienne fidaya de la zone autonome d’Alger et ancienne moudjahida de la Wilaya III, a été enterrée, hier, à l’ancien cimetière Sidi Mohand Amokrane de la ville de Béjaia en présence d’une foule nombreuse. Parmi cette foule, des anciens Moudjahidine, des personnalités et des autorités locales de la wilaya. La défunte est décédée samedi dernier à Alger à l’âge de 77 ans. D’origine française, Djamila Amrane-Minne est la fille de Jacqueline Netter qui se mariera en 1950, avec Abdelkader Guerroudjk, un grand militant du Parti communiste algérien. Née Danièle, c’est au maquis qu’elle a adoptée son prénom de Djamila. Comme sa mère, Djamila Amrane a rejoint les réseaux du FLN à Alger où il a fait partie des fameuses poseuses de bombes. Alors qu’elle n’avait que 17 ans, elle participe à l’attentat à la bombe du bar l’Otomatic à Alger. Puis elle a été exfiltrée vers la wilaya III pour échapper à la terrible répression des paras des suites de la grève de huit jours. Pour beaucoup de Moudjahidine et historiens, Djamila Amrane-Minne est une «dame qui avait redonné la voix à des dizaines de moudjahida» et a su véhiculer avec conviction «le vrai message de la révolution Algérienne au sein notamment des femmes françaises». La défunte a eu un long parcours dans les maquis. Elle fut capturée en novembre 1957 à Draa Errih, dans la région de Bordj Bou Arreridj, ce jour-là, le docteur Belhocine, Raymond Peschard et une dizaine de leurs compagnons sont tombés face à d’importantes forces ennemies. Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison et incarcérée à la prison de Barberousse, elle a été transférée ensuite en France avant d’être libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d’Evian. Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila Amrane lors de son mariage en 1964. Elle a travaillé à l’université d’Alger puis est devenue en 1999 professeur d’histoire et d’études féminines à l’université de Toulouse. Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l’un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la guerre de Libération intitulé : « Les Femmes algériennes et la guerre de libération nationale, 1954-1962 », un précieux ouvrage qui donne la parole aux femmes qui ont pris part à la guerre pour l’indépendance de l’Algérie. Le ministre des Moudjahidine, M. Tayeb Zitouni, a envoyé un message de condoléances à la famille de la défunte.

À propos Hocine Smaâli

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