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Mostaganem: Le taxieur et la déontologie de la profession

A l’instar des autres villes, Mostaganem a vu se multiplier le nombre de taxis cette dernière décennie. Evolution socioéconomique oblige. Cet apport au transport n’est pas négligeable car il rend un indéniable service à la population, rendant fluide et facile le déplacement. Exercer chauffeur de taxi ne s’improvise pas car accès à la profession est régi par une réglementation très stricte, toutefois théoriquement. Mais il faut aussi avoir le sens de l’organisation pour honorer la profession, avoir le sens du contact pour fidéliser sa clientèle, savoir désamorcer les conflits éventuels avec des clients pressés ou agressifs, aimer conduire, faire preuve de patience dans les embouteillages et avoir un minimum de rigueur pour tenir propre son véhicule. Cependant, certains chauffeurs de taxi se comportent très mal au volant de leurs véhicules et deviennent par là dangereux sur la voie publique. Tous, nous nous accordons à dire qu’un sur trois véhicules est un taxi. Cependant, ce n’est pas le nombre qui incommode mais c’est surtout la façon non professionnelle qui caractérise un bon nombre de chauffeurs de taxi à Mostaganem. Dans le feu du trafic automobile, ils vont à la gêne rendant le flux difficile, ils veulent coûte que coûte se frayer un passage forçant des fois même les feux rouges. Dans tous les cas de figure, ils croient ou ils font semblant d’avoir la priorité et ils bousculent les automobilistes. Ils s’arrêtent là où il ne faut pas, ils redémarrent croyant que le feu clignotant leur donne la priorité et ils créent la panique. Là où il y a une station de taxis, c’est la bousculade et nous prenons comme exemple les deux stations parallèles de l’avenue Khettab Abdelkader, celle de Beymouth et celle de la place des Martyrs à Tigditt. En cet endroit, les taxieurs font carrément la loi; ils chargent et ils déchargent la clientèle obstruant le passage à tous les autres véhicules. Beaucoup de chauffeurs ne sont pas propriétaires, ils sont doubleurs mais ceux-là doublent de mauvais comportement en conduisant. Souvent ils sont auteurs de manœuvres dangereuses en plein centre urbain. Les chauffeurs appartenant à des entreprises de taxi ne sont guère exclus de cette catégorie de taxieur.
On vous met à l’arrière du véhicule un numéro de téléphone qui souvent répond absent aux appels. Pour disséquer les raisons d’une conduite irresponsable voire dangereuse, il faut souligner d’abord que dans la formation qui leur est dispensée, il y a des carences comportementales. Nous constatons tous que dans la ville, les taxis sont un peu nombreux et les règles les plus élémentaires du code de la route sont rarement respectées. Le nombre d’accidents mortels augmente d’année en année, et ce, malgré les efforts entrepris en termes de prévention routière par les pouvoirs publics. Un des motifs de ces comportements incommodant c’est la course derrière le gain. Aller plus vite que les autres pour rentabiliser la journée. Ceci s’explique par le fait que beaucoup de chauffeurs de taxi sont payés au pourcentage des courses effectuées dans la journée. Les autres raisons sont l‘immaturité de certains jeunes au volant de taxi, ne se souciant guère de l’éthique de la profession. On transporte des voyageurs tout étant mal habillé, en sirotant un café dans un verre jetable ou en téléphonant. On conduit avec un «smahli» («excuse moi», en arabe), la main levée, en signe de bienveillance, en direction de l’automobiliste dont il vient de mettre la vie en danger. Le geste, exécuté par les chauffards après un dépassement périlleux ou en refusant une priorité, est vu et revu. Il faut donc s’arrêter pour porter une profonde réflexion sur ce fléau de conducteurs dangereux. Souvent, on se demande s’il ne faut pas revoir les conditions d’octroi de certificats d’aptitude. Aussi, il y a lieu de sensibiliser à travers des rencontres professionnelles tous ceux qui ne respectent pas la morale de la profession. Sinon, les commissions de wilaya régissant ces comportements existent bel et bien. Les chauffeurs de transport en commun notamment ceux qui conduisent les bus interurbains, doivent aussi corriger leur façon de conduire. Mostaganem qui ambitionne être une wilaya attractive, doit aussi se soucier d’avoir des moyens de transport commode et qui ne mettent pas la vie des voyageurs en danger.

À propos Charef Kassous

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