Accueil » Chronique » Pôle & Mic : Malek Benabi, une pensée dans la non pensée

Pôle & Mic : Malek Benabi, une pensée dans la non pensée

Devant l’étonnement qui est le propre de l’homme, le doute au fil des ans féconde une pensée qui se plie aux exigences philosophiques. La matérialité du sujet parlant se focalisera sur les trois questions que le philosophe Kant posait déjà : Qui suis-je ? Que dois-je savoir, que m’est-il permis d’espérer ? Cette évolution créatrice de sens a permis à l’humanité de saisir la différence entre le savoir humain, et les conditions instinctives qui environnent les animaux. L’analyse de Marx sur le savoir de l’architecte dans la construction de la ruche et de la démarche de l’abeille est à prendre en considération pour spécifier la nature de l’évolution humaine; à notre sens, la description que faisait le philosophe Marx n’est pas seulement «pittoresque» comme le disait Malek benabi, elle amorce la conscientisation puisque le sujet apprend à cogiter la chose en l’explorant. Pour rentrer dans le vif du sujet en essayant de donner mon avis sur la pensée de Malek Benab, il me doit d’affirmer de prime abord que les quelques lignes que je vais écrire ne permettent pas de faire une lecture approfondie sur l’œuvre de ce penseur controversé. En guise de préambule, nous pouvons dire avec Norbert Elias que le sociologue est «chasseur de mythes», celui qui essaie de matérialiser son agir à travers une logique émancipatrice qui exclut le dogme ou comme le disait Nietzsche, «la certitude qui rend fou». Dans ce cas de figure, on pourra dire que la pensée «benabienne» à notre sens demeure un courant essentialiste qui fait perdurer la clôture du surmoi islamiste. Sa pensée se fige sous le culte de l’idéologisation puisque le recours aux mythes de la religiosité demeure dans son œuvre une réalité incontournable. Le procédé de «l’anarchive», autrement dit «déconstructiviste» au sens de Derrida, revêt une dimension affective ne pouvant pas dépasser le souffle prophétique de la résignation et de l’enlisement dans les ornières du dualisme des deux surmoi l’un occidental et l’autre oriental. Je cite le passage du penseur Malek Benabi : «Je suis dans une salle de cinéma où j’ai devant moi deux femmes égyptiennes. Elles fument. Leurs traits indiquent des personnes qui ont tout donné à la vie pour lui prendre ses jouissances. La société occidentale a créé ce type qui n’est plus la femme et qui ne sera jamais l’homme, et nous en fait cadeau. Ce type est le meilleur instrument qu’on pouvait trouver pour désintégrer la société. La civilisation occidentale a livré le monde à la femme, au juif et à l’atome. Si le monde résiste à la désintégration avec cette trinité». Ce coinçage idéologique favorise le bâillonnement de la liberté individuelle, tout en faisant croire que l’émancipation a une origine occidentale, heureusement quel philosophe Rousseau est là pour nous dire que le sujet humain quand il est dans les fers, il cherche à se libérer. Dans le même sens, la chercheuse Amina Nora dans son article publié dans la revue Naqd intitulé: le point de vue de Malek Benabi sur les femmes, elle cite le passage suivant: “On pourrait en trouver l’origine dans le complexe dit freudien (sic). La libido peut expliquer pas mal de ces terminologies émancipatrices de la femme, notamment dans les pays musulmans modernisés…, ce passage démontre encore une fois la méconnaissance de la sexualité psychique. En lisant Malek Benabi, force est de constater la résurgence de la place mythologique qui donne lieu à cette «ignorance sacrée», cette conception mortifère favorise une détresse infantile continuellement enfuie dans l’inconscient; il dira à ce sujet que «ce sont les idées religieuses qui font l’Histoire: elles ont un pouvoir de tension, d’intégration et d’orientation qui poussent les hommes à faire société»….

À propos Adnan Mouri

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*