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Grand hôtel d’Oran: Booster le tourisme local

L’établissement touristique public, en l’occurrence le Grand Hôtel d’Oran, n’est plus à vendre et encore moins à privatiser. Ce joyau architectural, situé en plein cœur de la ville d’Oran a été récupéré par l’Etat, suite à l’annulation de la transaction qui avait été conclue avec un opérateur privé ayant procédé à son achat en 2008. Faisant face à la Grande Poste d’Oran, la gestion de ce monument historique d’une architecture exceptionnelle revenait à l’Entreprise de gestion touristique de l’Ouest, l’EGTO. En effet, c’est en marge du 1er Salon national de l’artisanat traditionnel que le ministre du Tourisme a évoqué la situation du Grand Hôtel d’Oran qui, après avoir été privatisé, est tout simplement fermé et abandonné depuis 2010. Expliquant que les pouvoirs publics œuvrent aujourd’hui pour récupérer cet hôtel historique situé en plein centre-ville d’Oran. La situation de cet établissement est suspendue au conflit entre l’acquéreur et l’EGT-Ouest, propriétaire de l’établissement avant sa privatisation en 2008/2009. En effet, un conflit est né après que l’acquéreur eut constaté que dans la privatisation de l’hôtel, il n’avait en fait acquis que le fonds et non les murs restants propriété de l’État ou devant faire l’objet d’une vente en plus. D’où le conflit et litige commercial l’opposant à l’EGT-Ouest sur cette question. Mais aucune indication ne nous a été donnée quant au contenu exact du cahier des charges sur les conditions de vente de cet établissement hôtelier, et qui avait vu ensuite le départ massif des travailleurs de l’hôtel entre mise à la retraite et départ en préretraite. Depuis, l’hôtel est fermé, tombant en ruine et se dégradant un peu plus d’année en année. A signaler que la transaction conclue quant à sa privatisation a laissé pantois plus d’un, notamment les férus d’histoire et de sites historiques que recèle la ville d’Oran. Sa récupération n’a pas été facile, étant donné que le désormais ex-nouveau acquéreur, qui s’est lancé dans une bataille juridique, croyait avoir acquis les murs, alors que la transaction reposait essentiellement sur la vente du fonds de commerce. Celui-ci lâche donc l’établissement au profit de l’Entreprise de gestion touristique. Et depuis, une grande problématique est posée vu que le Grand Hôtel a été abandonné, ses murs sont livrés aux aléas de la nature les ayant dégradés. Ses structures ainsi que son entrée principale sont squattées par les sans abris et autres énergumènes le transformant en refuge. A la faveur de la nouvelle stratégie de l’Etat donnant priorité au développement touristique, les pouvoirs publics songent d’ores et déjà à sa rénovation. C’est du moins ce que nous avons appris des sources proches de la direction du tourisme de la wilaya d’Oran annonçant, que plusieurs mesures sont annoncées dans un avenir proche dont la réhabilitation de l’hôtel. Le ton est donc à l’évaluation du projet devant aboutir au lancement du chantier. Une injonction en ce sens a été prononcée par le wali d’Oran qui a ordonné l’évaluation du projet tout en mettant l’accent sur la nécessité de préserver son aspect architectural. La privatisation du Grand Hôtel d’Oran avait été décidée sous le prétexte visant le développement du tourisme en Algérie. Cette politique a pour but de sauvegarder plusieurs autres célèbres infrastructures hôtelières dont la gestion revient à l’Etat algérien représenté par l’Entreprise de gestion touristique. Le Grand Hôtel a rapidement trouvé preneur. Implanté sur la place du Maghreb en plein cœur d’Oran, le Grand Hôtel comprend 220 lits, 88 chambres et huit suites, un restaurant et un bar. Il a ouvert ses portes avant les années 1920. De célèbres personnalités politiques, culturelles et sportives comme le général de Gaulle et Marcel Cerdan ont séjourné dans cet hôtel, faisant face à la Grande Poste d’Oran qui avait fait l’objet du grand hold-up opéré en 1949 par le commando de l’Organisation spéciale se préparant à se lancer dans la guerre armée contre le colonisateur français. Marqué par une gestion non planifiée, l’hôtel a été boudé par des touristes vu ses mauvaises prestations. Dans les 15 années ayant précédé sa vente, le taux de fréquentation n’a pas dépassé 40% avant que cette infrastructure ne soit déficitaire. A cela s’ajoute l’état d’abandon dont il a fait l’objet, ses murs, ses couloirs et ses chambres étaient dégradées. Plus que déterminés quant à sa privatisation, les promoteurs de cette idée sont allés loin dans leur «logique» en mettant en place un cahier des charges le 17 octobre 2004. Les soumissionnaires ne se sont pas manifestés en grand nombre. Pis encore, le peu de soumissionnaires futés qui avaient déposé leurs offres ont proposé des montants dérisoires avant que la vente ne soit décidée au profit d’un opérateur privé dont l’identité n’a pas été révélée à ce jour. La vente a été conclue pour un montant infime tournant autour de 50 milliards de centimes. L’inquiétude a vite fait de gagner les 40 agents employés par le Grand Hôtel d’Oran, le spectre du chômage les épiait aussitôt la vente conclue. Dans plusieurs rendez-vous importants, ils sont montés au créneau revendiquant un plan de réaménagement de l’édifice et leur réintégration à leurs postes de travail. «La privatisation du Grand Hôtel ne devrait en aucun cas être conclue aux dépens des employés», dira un chef de rang ayant passé les plus belles années de sa jeunesse à servir les clients fidèles du restaurant du Grand Hôtel. « La réhabilitation de cet établissement devra booster le tourisme local, à l’instar des hôtels qui font la fierté de la ville », a souligné le responsable, ajoutant que cette action de renforcement du parc hôtelier urbain d’Oran a été décidée, après l’aval des services du CTC qui ont donné le feu vert pour le confortement de sa structure. L’hôtel, relevant du patrimoine de l’Entreprise de gestion touristique (EGT) Ouest, est fermé depuis 2010, après une opération de cession qui s’est soldée par un échec. « La rénovation de cet établissement hôtelier, véritable bijou architectural, avec ses 53 chambres est une opération de conservation intégrée du patrimoine de la ville d’Oran. Celle-ci englobe également la place Maghreb et le siège de la Grande poste, qui font l’objet d’opération d’aménagement et d’embellissement en cours », a rappelé le directeur local du tourisme. La wilaya d’Oran dispose d’un parc hôtelier en exploitation de 163 unités, assurant une capacité totale d’accueil de 15.041 lits, et créant un nombre de 3.419 postes d’emplois directs. Le tableau des investissements hôteliers fait état de 132 projets en cours de réalisation pour une capacité totale de 21.028 lits, avec en vue la création de 8.015 emplois directs, a indiqué un responsable, soulignant que le taux d’avancement des projets varie entre 5 et 90 pour cent. « Après l’exploitation de deux nouveaux hôtels durant le premier semestre 2016, il est attendu la réception prochaine de 3 ou 4 établissements hôteliers », a-t-on indiqué de même source. L’année 2020 verra l’achèvement de tous les projets d’investissements en cours, a assuré le responsable, ce qui permettra, l’année suivante, à Oran d’accueillir sereinement les Jeux méditerranéens de 2021, en offrant des conditions d’accueil optimales aux délégations étrangères et aux touristes qui viendront découvrir la capitale de l’Ouest du pays.

À propos N.B.

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