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Le système de santé totalement dépassé dans son organisation : Le sévère diagnostic d’un professionnel

Depuis la nuit des temps, le malade est au coeur du système de santé. Aujourd’hui, force est de constater que ce système de santé est malade du Covid-19. Recevoir autant de malades dans des structures “réduites” à cause de la pression exercée par cette pandémie, en est l’une des preuves. Le pays traverse une grave crise sanitaire depuis plus de quatre mois. L’intersyndicale de la santé a affiché en juin son mécontentement sur l’attitude dont le ministère de tutelle gère cette crise accentuée par la pandémie du Coronavirus. Le système de santé découvre en effet à ses dépens, son incapacité à prévenir une telle “crise”. Par quoi commencer au fait? Par un “diagnostic du Covid “ ou un “diagnostic de la santé”? Ce système de santé est confronté non seulement à une crise sanitaire mais aussi à une “crise de santé”. Ce n’est qu’une quasi certitude qu’avec la pandémie du Coronavirus, les choses ne s’annoncent pas faciles. Le système de santé a plutôt mauvaise mine d’après les professionnels. La raison est qu’il a montré ses limites. D’abord en terme de moyens ensuite en ressources humaines. C’est un fait de dire que le pays consacre moins de cagnotte que la Tunisie ou la France dans la dépense publique tournée vers la santé. Il faut aller en chercher les causes. En plus, le nouveau Covid-19 n’est pas du tout de bon augure pour le système de santé. Il a mis à nu les carences de ce système de santé. Ce dernier dépend depuis des lustres de la gratuité et son corollaire les déficits en termes d’équilibres financiers sociaux. Il complique tout de même les réformes. Pour renforcer un système de santé, il faut enrayer les obstacles dans plusieurs domaines, effectifs des médecins et cadres mobilisés, infrastructures, logistique, suivi des progrès, matériel médical et médicaments, cela s’entend. En plus, il s’agit d’un système de santé qui ne profite pas pleinement des laboratoires de recherche scientifique. Les professionnels du secteur et les praticiens tirent la sonnette d’alarme. La situation d’urgence, créée par la pandémie du Covid-19, a contribué à « lever le voile » pour démontrer que «le système national de santé est complètement dépassé dans son organisation», affirme le docteur Lyes Mérabet. Intervenant, dimanche, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le président du Conseil national des praticiens de la santé publique juge qu’à la faveur de cet état sanitaire préoccupant, il faudrait s’atteler «à travailler sérieusement» sur ce problème, d’autant, dit-il, «qu’on a perdu assez de temps». Pour le docteur Lyes Mérabet, lorsque des malades se retrouvent à l’hôpital, un «aboutissement d’un parcours de santé», c’est, dit-il, parce que «nous avons échoué, en amont, au niveau préventif», à éviter qu’il y ait trop de personnes à recevoir dans les structures de soins. Pour améliorer le système de santé, celui-ci souligne la nécessité d’institutionnaliser un système de formation continue des praticiens, mais aussi, celle des gestionnaires d’établissements hospitaliers, d’asseoir les jalons d’une recherche scientifique médicale, «qui n’a jamais existé», mais surtout, souligne-t-il, de s’émanciper de «cette dépendance quasi totale», vis-à-vis de l’étranger, en matière de médicaments, de vaccins et d’équipements. Commentant, par ailleurs, les mesures arrêtées par le gouvernement, visant à stopper la spirale des violences à l’encontre des personnels de santé, «une revendication mainte fois réitérée par les syndicats de la corporation», le docteur Mérabet rappelle que le conseil qu’il préside, a commencé à poser ce problème, depuis l’année 2012 déjà. Il considère que la solution de ce «phénomène sociétal», que l’on observe aussi, déclare-t-il, dans la rue, les stades, et jusqu’à l’intérieur des écoles, demande à être prise en charge en s’intéressant de plus près aux conditions d’accueil des malades, mais également, aux relations devant s’établir entre les secteurs public et privé pour faciliter l’accès aux soins et «alléger la pression au niveau des structures publiques de santé».

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