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Point de Vue : Système de santé publique à refaire de fond en comble

Parmi ce que l’on pourrait considérer comme «avantages» de ce Coronavirus, c’est bien la mise à nu totale, du système de santé publique algérienne. L’on vient de découvrir une désorganisation, presque de ce système. Et ce, en dépit des moyens matériels et humains énormes dont il dispose. Les infrastructures sont disponibles et à satiété. La santé publique dispose, également, d’une armada de personnel médical, hautement, expérimenté et qualifié. Où se trouve, donc, la faille? C’est très sûr, qu’elle se trouve dans l’organisation de tout ce potentiel matériel et humain, en vue d’en tirer un maximum de profit. Finalement, et suite à cette désorganisation morbide, le système de santé était devenu dangereusement inefficace. Cette inefficacité ira créer un manque de confiance flagrant, entre le citoyen ordinaire et le système de santé de son pays. Cette méfiance qui s’est instaurée entre le citoyen et la santé publique, va s’approfondir lorsqu’il constate que les responsables de son pays, voire de son Etat, aux différents paliers, préfèrent aller se soigner sous d’autres cieux, là où l’on croit, avec une foi profonde, que la médecine est infaillible. Ce genre de comportements qui va frapper de plein fouet la réputation de la médecine algérienne, en dépit de ses performances louables de nos médecins sur le tas. C’est le responsable qui est censé donner l’exemple, en offrant toute sa confiance en la médecine de son pays… C’est là, que le citoyen ordinaire va lui emboîter le pas. En 2013, un président de la République avait passé des mois dans un pays où l’on croyait que la médecine est super performante. C’est-à-dire, une médecine qui ferait, selon certains croyances, revenir les morts. Finalement, les morts ne sont pas, hélas, revenus à la vie. Ils continuent, toujours, à mourir, sans pour autant mourir réellement, notamment, dans la mémoire collective nationale et dans les annales de l’Histoire, ça serait pire encore…Ce voyage médical qui aurait coûté à l’Algérie des millions en devises, n’a pas réussi, finalement, à sauver une situation désespérée. Le souhait est, toujours maintenu, que ce «méchant» Covid-19, fasse éveiller les consciences étourdies par l’affairisme et la désorganisation totale qui prévaut dans les établissements de la santé publique. En plus de la question de la désorganisation, le secteur de la santé publique et à l’instar de tous les secteurs vitaux du pays, possède, quant à lui, ses gangs et ses groupuscules maffieux. Ces derniers rongent, dans un silence complet, les capacités de ce secteur vital et rendent inefficaces ses performances. De pareilles situations avaient poussé, pas mal, de nos médecins dont parmi eux, beaucoup de cadres, hautement qualifiés, à opter pour la solution de l’émigration, fuyant, ainsi, le désordre qui y régnait.

À propos A. BenAbdellah

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