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Covid19 à Mostaganem : Au bout du rouleau, le personnel de soins crie sa détresse

Depuis l’apparition de la pandémie du coronavirus soit depuis déjà presque cinq mois que les équipes médicales et paramédicales et autres personnels hospitaliers des EPH de la wilaya, affrontent le virus avec ténacité et acharnement souvent dans des conditions peu invraisemblables. Ces personnels, en tenue  »cosmonaute » par une chaleur suffocante, qui prennent en charge les malades contaminés par le coronavirus, ont de temps à autre levé le voile sur les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent dans les services d’isolement. Par personnes interposées, ils ont lâché des témoignages aussi poignants qu’inquiétants. Confrontées quotidiennement au Covid-19, aux cris de douleur, à l’isolement social, au manque de moyens, à une organisation défectueuse: ils craignent le pire. Cette crainte est surtout celle d’être des vecteurs de contamination, déchirés entre la peur et l’engagement à apporter soins et assistance aux malades. Des équipes très déterminées sur un front semé de dangers persistent à prodiguer les meilleurs soins pour sauver des vies humaines. Conscients de la gravité de la menace, ils se sont mobilisés pour endiguer la propagation du mal. De longs mois cantonnés, dans de espaces à risques, frôlant souvent la contamination, ils persévèrent leur missions médicales. Se consacrant à leur travail de soigner, beaucoup sont isolés de leurs enfants, de leurs parents et de leurs familles au détriment de cette impitoyable lutte contre le virus. Mais l’engagement, le gage et le professionnalisme du personnel de soins n’est pas suffisant pour mettre un terme à la propagation du Covid-19. Stressés, angoissés, incertains du lendemain, ils tentent de maintenir le cap qui est celui de vaincre le coronavirus. Ils sont arrivés à soigner des cas hospitalisés du Covid-19 et ces cas sont des chiffres avérés. Mais les personnels de soins, exposés, vivent la menace à son plus haut degré et ils deviennent ainsi très vulnérables. Devant cette situation de vulnérabilité, ces derniers tentent, tant bien que mal de contribuer à la sensibilisation des citoyens encore incrédules, à casser la chaîne de transmissibilité. Au bout du rouleau, fatigués, abattus, surtout souffrant d’un environnement d’incivilité et d’irresponsabilité plus virulent que le virus, ils aspirent à de l’accalmie et à moins de contagion car ils craignent la saturation et de là, des dépassements. Cette situation les a trop mobilisés alors que dans des cas pareils, ils ont droit à un repos tous les 21 jours. Par peur d’être emportés par la vague, ils revendiquent plus de moyens, plus de conscience chez les citoyens, plus de respect des mesures de protection et plus d’autorité dans les décisions. Leur cri de détresse a été entendu par la société civile mostaganémoise qui a répondu présent. Le manque de moyens et les conditions de travail ont fait l’objet de crispation dans le milieu hospitalier. C’est ainsi qu’avec une spontanéité extraordinaire, des bénévoles ont mis en branle une chaîne de solidarité afin d’apporter aux hôpitaux les moyens qui font défaut.

À propos Charef Kassous

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