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Point de Vue : Des limogeages au CHU d’Oran

Nous voyons ces jours-ci sur les réseaux sociaux, le défilement de scènes de colère dans l’enceinte même de l’hôpital d’Oran, dont l’intensité frise l’émeute. Cette expression de rage envers le personnel de l’hôpital est parfaitement compréhensible, tant l’erreur monumentale et les tentatives grossières de sa dissimulation n’ont abouti qu’à aggraver le constat d’incompétence des membres de ce personnel, et par-là même, empirer le sentiment d’animosité à leur endroit, qui s’empare des parents et proches de la personne décédée. Évidemment, substituer sciemment une dépouille à une autre et la remettre aux personnes erronées a de quoi enflammer les esprits et embraser la situation, et il y a lieu d’être tout à fait solidaire avec la famille du défunt, nous en convenons sans autre forme de procès. Cependant, cette affaire nous a amenés à remettre au devant de la scène un volet du mode de gouvernance à l’inspiration très étriquée, faut-il le rappeler, bien propre à nos guindés de dirigeants, plus soucieux de plaire à leurs supérieurs que de complaire à leurs administrés. De fait, Il fut un temps où les visites officielles sur le terrain donnaient l’occasion à certains ministres de se donner stupidement en spectacle, croyant du coup pouvoir exhiber leur imperceptible prestance, en admonestant publiquement des directeurs généraux d’institutions importantes. En réalité, ces pratiques avaient pour but de tenter de combler le déficit de légitimité qui a toujours manqué aux gouvernants, imposés au gré du cours fluctuant des aléas liés à la bienveillance du jour qu’affichent les décideurs, très loin en tout cas de la référence due aux véritables aspirations des premiers concernés que sont les citoyens. Qui d’entre nous n’a pas remarqué clairement à la vue de ces comédies grotesques, l’image d’un simple et unique désir de calmer une population blasée par tant de mal vie, en lui livrant un sujet de défoulement destiné à exonérer de sa responsabilité la hiérarchie confuse et fuyante, exercée sur des cadres jetés ainsi en pâture à la vindicte populaire, sans ménagement ni état d’âme. Seul l’effet d’annonce théâtral et tonitruant compte. Le Directeur général du CHU d’Oran vient de faire les frais de ces agissements méprisables, aiguillonnés en réalité par une lâcheté avérée qui ignore rapidement toute considération à l’égard d’une carrière parfois longue, et paradoxalement marquée par des faits et actes professionnels par souvent positifs, vite mis sous l’éteignoir pour les impératifs de la sale besogne et des circonstances du jour. Personnellement , je n’ai aucun lien ni de près ni de loin avec ce responsable, victime de cette mesure de mise à l’écart brusque et ingrate, mais une pulsion d’objectivité me pousse naturellement à dénoncer ce type de procédé utilisé comme bouclier contre les salves de critiques sur la piètre gouvernance. Le très court laps de temps écoulé entre la diffusion sur réseau de cette affaire, qui a vite fait de prendre des proportions d’esclandre, et à juste titre nous tenons à le réaffirmer, témoigne si besoin était, du défaut de maîtrise dans sa gestion, tant l’empressement qui a présidé à l’expédition de cette sanction extrême, exclut toute possibilité qu’il y ait eu étude sérieuse ou enquête administrative préalable. Force est de constater amèrement que la tentation est grande chez certains imbus, paraissant être des émules d’un ancien ministre de la Santé qu’il repose en paix aujourd’hui, de revenir à des pratiques qui ne devraient plus avoir leur place dans cette nouvelle Algérie que l’on s’égosille pourtant à chanter à tous les airs.

À propos Dadi Benani

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