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Malgré la hausse du nombre des contaminés : Les gestes barrières toujours pas respectés

Ces gens-là pour qui le Covid n’est qu’une “pièce de théâtre”. Aujourd’hui, aucune excuse n’est tolérée car la vie d’une personne n’a pas de prix. Cette mauvaise “appréciation” de la situation, par une partie de la population, ne sert pas du tout les mesures prises par l’Etat et les médecins. Il est en effet constaté que le virus n’épargne pas aussi le personnel de la santé médical et dont la propagation serait attribuée à une mauvaise utilisation des moyens de protection, ou lors de l’enfilement et d’enlèvement des combinaisons ou autres équipements de protection individuelle. N’ayant donc aucune alternative pour freiner la propagation du Coronavirus, que les gestes barrières, il en va de notre santé. Mais c’est surtout la façon dont le citoyen exprime ces jugements qui va faire la différence. Après avoir adopté la chloroquine, comme traitement médical de prise en charge des cas aigus du Covid-19, l’Algérie passe à une autre étape qui consiste à faire respecter les gestes barrières. Malheureusement, ces gestes barrières qui sont des mesures préventives et permettent de limiter le contact physique et les regroupements que ce soit en public dans les entreprises ou autres lieux de travail ne sont pas toujours respectés, déplorent des spécialistes de la santé publique. Le gouvernement a ajouté aux mesures déjà en vigueur telles la suspension des mariages et l’interdiction de circulation routière les jours de week-end entre les wilayas. Ces deux mesures visant la minimisation des regroupements familiaux et du contact physique, un facteur qui a eu tendance à prendre de l’ampleur avant que le gouvernement ne se décide à prendre le taureau par les cornes. Les « épidémioloques », pour leur part, ont, eux aussi, décidé de réagir pour faire un point sur la situation actuelle. Le non respect de ces mesures entraîne une augmentation du risque de contamination par le Covid. Il va sans dire que le facteur humain est souvent à l’origine de la hausse sensible ces derniers jours des cas des personnes infectées. Tout compte fait, l’insouciance d’une partie de la population et le non-respect des gestes barrières sont cités comme deux facteurs essentiels de hausse inquiétante du nombre de nouveaux cas de Covid-19, dans la wilaya d’Oran, estiment les spécialistes. L’urgence est non seulement de respecter ces gestes barrières mais aussi de durcir les contrôles répressifs. Il est évident que, par cette situation du reste alarmante, les professionnels de la santé publique ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’importance de respecter les mesures de prévention pour endiguer la progression de la pandémie et d’éviter les lieux à haute fréquentation de la population. Le chef de service de prévention à la direction de santé de la wilaya, Dr. Yousef Boukhari, a souligné que le port du masque, l’hygiène des mains et le respect de la distanciation sociale sont des gestes très importants dans la lutte contre le virus. Il ajoute qu’il faudrait également éviter les occasions familiales (décès, mariages, circoncisions, anniversaires) afin de stopper la propagation du Covid-19. La wilaya d’Oran enregistre, depuis quelques jours, une hausse du nombre de cas de Covid-19. Elle figure parmi les villes du pays les plus touchées par la pandémie, avec plus de 1.500 cas positifs enregistrés depuis le début de la crise sanitaire, rappelle-t-on. Toutefois, cette recrudescence des cas de Covid-19 à Oran n’a pas poussé une partie de la population locale à respecter les mesures de prévention et les gestes barrières. Le constat sur le terrain est des plus déplorables, a-t-on constaté. Les 82 nouveaux cas, enregistrés le 3 juillet dernier à Oran et annoncés par le porte-parole du comité scientifique de suivi du Covid-19, ont fait que la capitale de l’Ouest occupait, ce jour-là, la première place pour ce qui est du nombre de personnes contaminées. Cette mauvaise nouvelle n’a pas empêché beaucoup d’Oranais à sortir le lendemain, samedi, sans la moindre protection, a-t-on constaté. Les femmes plus que les hommes, les personnes âgées plus que les jeunes sont plus stricts à respecter ces règles de prévention. Farid, un commerçant d’électroménager à la cité Ibn Rochd (ex-HLM), masque sanitaire coincé sur le menton, admet que le masque est une obligation. « Toutefois en cette période de canicule, je ne peux pas le porter tout le temps. Par contre, je veille au respect des autres mesures comme l’hygiène des mains et la distanciation physique avec mes clients », reconnaît-il. Pointant le doigt sur une affichette, apposée à l’entrée de son magasin, sur laquelle il est recommandé que « le port du masque est obligatoire », Farid souligne à l’APS qu’il exigeait à tous ses clients de respecter cette règle, avant d’accéder au magasin. « C’est impératif », s’est-il exclamé. Amel est une fonctionnaire dans une entreprise privée. Rencontrée au centre-ville, en compagnie de ses deux enfants, tous les trois portent des masques. Cette mère affirme qu’elle ne sort plus sans masque depuis plus de 3 mois. « Je respecte aussi bien le port du masque que l’hygiène des mains et la distanciation physique. C’est devenu presque des réflexes naturels pour moi », a-t-elle dit. « Dans le rue, à l’intérieur des magasins ou même dans l’administration où je travaille, je porte le masque. Je tiens toujours à le faire rappeler à mes collègues ou mes interlocuteurs. Je ne veux pas prendre de risques. J’ai une famille à protéger et je dois faire attention », a-t-elle ajouté, estimant qu’ « adopter ces gestes quotidiennement est un acte de civisme avéré et un signe indéniable du respect d’autrui ». M’khaïssia, une femme d’un certain âge, attend sagement son tour pour accéder à une boucherie. Elle porte un masque et veille scrupuleusement au respect de la règle de la distanciation physique. « Ces gestes barrières sont des bouées de sauvetage pour sortir de cette crise sanitaire sans précédent », affirme-t-elle, tout en soulignant la nécessité de les respecter et les faire respecter ». « Rien n’empêche les jeunes de se saluer en respectant une distance d’un mètre et demi, de porter un masque jusqu’au retour à la maison et de laver les mains fréquemment. Aucune excuse n’explique ce rejet », s’est-elle exclamée. « Ces gestes simples, beaucoup de nos jeunes ne les appliquent malheureusement pas souvent. Ce sont leurs parents et grands-parents qui risquent d’en payer les conséquences », a encore souligné M’khaïssia. Les jeunes incriminés pour ces « failles » ont un autre point de vue à avancer pour expliquer leur insouciance et leur non respect des gestes barrières largement constatés dans plusieurs cités d’Oran. « Le virus touche beaucoup plus les personnes âgées et les malades chroniques. Nous les jeunes, sommes plus au moins immunisés », expliquent plusieurs jeunes. Des scènes de groupes de jeunes s’adonnant à d’interminables parties de dominos ou de cartes ou encore s’échangeant des vidéos et des applications mobiles, sans aucun moyen de protection ni respect de distanciation physique, sont devenues normales et quasi-quotidiennes au sein des cités d’habitation et quartiers populaires. Si sur les réseaux sociaux, ces comportements sont condamnés, dans le monde « réel », la situation est toute autre.

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