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Relance de l’économie algérienne : Les conditions sine qua non

« On efface tout, puis on repart sans en tirer les conclusions
ou enseignements», estiment un économiste. Ceci dit, malgré la volonté politique, les «épines» émanent de partout notamment des lobbies extérieurs. Il y a en plus le lancinant casse-tête lié aux «financements». Les entreprises étatiques ont fait face, dans un passé récent, à des problèmes répétitifs de financement qu’elles mènent depuis leurs plans de redressement. Il n’y a pas si longtemps l’option de rééchelonnement des dettes fiscales des entreprises en difficulté était de mise. Les souvenirs des contrecoups sur l’économie du «choc pétrolier mondial» de 1986 sont encore vivaces. Une économie du reste influencée par la moindre volatilité des cours énergétiques (pétrole et gaz cela s’entend). Le lancement depuis une dizaine d’années d’un processus de réformes économiques, sur fond de contestations sociales, s’est vu confronter à une conjoncture économique mondiale peu évidente aux yeux des experts en économie. La situation risque de s’enliser depuis le début de la propagation de la pandémie du Coronavirus et ses incidences sur l’économie. Que faut-il faire pour la «redémarrer», plutôt que de la «redresser»? Depuis, voilà une quarantaine d’années déjà, on n’a cessé de ruminer l’idée de lancement d’une stratégie de développement sans qu’à ce jour, on n’en perçoive le moindre résultat. Le Docteur en économie, Abdelhak Lamiri, à qui l’on doit ce constat, consent que la relance d’une économie forte en Algérie est, à la longue, devenue une idée récurrente qui, à ce jour, ne s’est traduite par aucun résultat notable, et cela, déclare-t-il, à un moment où celle-ci est en train de vivre « un choc terrible et multidimensionnel » dont, outre la pandémie du Covid-19, les principaux aspects sont d’ordres financier et structurel. S’exprimant, mardi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, il estime que dans le court terme se pose l’épineux problème du financement de l’économie devant lui permettre de redémarrer. La seconde problématique, selon lui la plus importante, c’est la question de l’efficacité et de l’émergence d’une économie forte, capable de générer de la compétitivité et une croissance fortes. Sur le long terme, observe le Docteur Lamiri, les problèmes structurels du pays ne pourraient trouver de solution qu’au travers des réformes structurelles profondes telles que celle consistant à une amélioration de la compétitivité, un facteur-clef de succès « que l’on n’a pas ancré dans notre économie ». Parmi ces facteurs, l’intervenant mentionne, en outre, la promotion des ressources humaines, celles d’une économie de la connaissance et d’une industrie du savoir, dont il constate qu’elles n’ont jamais fait l’objet du moindre intérêt de la part des décideurs. Avant de prendre en compte tous ces points, l’invité juge indispensable d’en passer par une organisation du fonctionnement de l’Etat et de sa stratégie. « Il faut, selon lui, s’interroger de savoir pourquoi des pays avancés planifient leur développement sur 40 années, alors que « nous restons figés sur des problèmes marginaux de financement ». A cet effet, il rappelle que l’Algérie a longtemps disposé de ressources financières importantes sans, que pour autant, elle les ait utilisées pour construire une économie productrice de richesses et de développement. Pour que l’Algérie puisse prétendre au développement, le Docteur Lamiri considère qu’il lui faut, au préalable, passer par une forte discipline, accouplée, ajoute-t-il, à une intégration des systèmes scientifiques, organisationnels et économiques efficaces. Du Comité scientifique créé récemment, l’invité déclare attendre qu’il soit épaulé par des dispositifs de communication et des spécialistes en sciences sociales, mais également complété par une restructuration des institutions de l’Etat, développant et pérennisant des savoir-faire. Faisant part de son optimisme quant à la résolution des problèmes auquel est confronté le pays, le Docteur Lamiri indique voir une possible solution au travers de la création d’une institution pérenne, « composée des meilleurs scientifiques » auxquels sera confiée la mission de concevoir un plan de relance en utilisant pour cela des alternatives à la question du financement.

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