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Pôle & Mic : Une culture associative…

Une Algérie «nouvelle» est un pays qui ne peut être qu’un Etat de droit où la liberté d’expression et la liberté de s’organiser en association sont garanties. Contre toute attente, une télévision a montré les autorités de Relizane délivrant des agréments de comités de quartiers et associations d’entraide à des personnes, soit plus d’une vingtaine d’agréments remis. Le site de la wilaya d’Oran a fait de même en organisant une cérémonie pour la remise d’une cinquantaine d’agréments. Cette facilitation rentre dans le cadre des instructions et directives du ministère de l’intérieur pour la création de comités de quartiers et d’associations caritatives. Des images et des pratiques qui rappellent l’ère du parti unique. Ce n’est pas du tout «productif» ou une manière de motiver les citoyens de s’organiser en association. Il est clair que l’on peut accorder un agrément pour création de comité de quartier ou d’associations «sociales» et pas pour des associations culturelles ou autres. Pourquoi cette «ségrégation» alors que la loi est la même? Pour quoi fait-on tant de bruit pour ces nouvelles organisations? Ce qui est navrant, c’est que des autorités s’impliquent dans un tel «spectacle» en ternissant l’image de l’Etat et de l’administration, sachant que l’administration ne délivrera jamais un agrément d’association à des activistes ou des hirakistes. Et comme nous sommes à la veille de la révision de la Constitution, il aurait été préférable de «changer» ou de «modifier» la loi sur les associations en impliquant davantage la Justice et en écartant l’administration. Les hommes de Bouteflika ont «pensé» et «imposé» cette loi sur les associations pour «contrôler» le mouvement associatif et plus particulièrement les associations revendicatrices. La crise sanitaire a dévoilé que le mouvement associatif est très faible. Raison pour laquelle, le ministère a jugé utile d’encourager la création de comités et d’associations type social. Or, de telles organisations existent dans toutes les villes du pays, sauf qu’elles n’activent pas et ne reprennent vie qu’à l’approche des rendez-vous électorale. Certains ne visent que les «subventions» et de s’approcher des hommes du pouvoir. Or, dans les pays modernes, la création d’une association est «déclarative». Dans les années «Chadli», il était plus facile et aisé de créer une association et de s’organiser qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, il faut repenser le mouvement associatif et la société civile. Une culture associative devrait être lancée, qui saura remettre de l’ordre dans un secteur «laminé» et «archaïque».

À propos B. Nadir

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