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Environnement Le littoral algérien serait-il en danger?

Le littoral maritime algérien s’étend sur 1.200 km et se caractérise par la diversité remarquable de son milieu physique et naturel ainsi que par la variété de ses ressources. Le projet de l’ex-ministre du Tourisme et de l’Environnement, Cherif Rahmani, selon son SNAT, était de vouloir transformer le littoral en une vraie station balnéaire pour les touristes étrangers par la délocalisation des habitants. Cependant et en cette conjoncture particulière marquée par la pandémie du Covid-19, un SOS a été lancé par les défenseurs de l’environnement puisque le littoral est le lieu de concentration d’importantes activités économiques sur cette zone, responsable de la pollution de mer, de la détérioration des écosystèmes terrestres et marins sensibles de la perte de ressources en sol et enfin de la perte des ressources historiques.
Le littoral algérien serait-il en danger à en croire les cris de désespoir de certains défenseurs de l’environnement? Au moment où l’industrie algérienne s’est polarisée sur la frange littorale avec plus de 80 % des unités industrielles et des projets qui poussent comme des champignons, localisés sur la côte, plus particulièrement, sur les rivages algérois. Pourtant, bien des projets ont été projetés à long terme sur l’exploitation du littoral. Il faut signaler notamment que les deux tiers de la population algérienne vivent actuellement en zone littorale qui ne représentait que 4% du territoire national. A cela s’ajoute la poussée démographique du fait de l’accroissement de la population. Les causes de la dégradation du littoral se caractérisent par la concentration des équipements structurants que sont les routes, voies ferrées, ports et aéroports sur la frange littorale, souvent au détriment des terres les plus fertiles du pays et de bonnes qualités. L’Algérie a de tout temps été livrée à une érosion côtière qui s’est traduite par le recul des côtes sablonneuses soit au long du littoral algérien. Ce phénomène prend de plus en plus de l’ampleur devant le mutisme de la tutelle et de la collectivité locale et les walis. Selon Belarbi Miloud, vice-président de l’Association Littoral,celui-ci se demande que se passe-t-il pour notre littoral et pourquoi les autorités surtout locales ne bougent pas le petit doigt pour arrêter ce massacre à ciel ouvert?
Les pilleurs de sable sévissent de plus belle et pour lui cette zone côtière de l’ouest du pays s’est transformée en désert au nom du profit. Selon ce vice-président de l’Association Littoral, chargé des enquêtes et malgré tous les courriers qu’ils ont envoyés à toutes les autorités et même au ministre concerné y compris le Premier ministre, rien n’a pu arrêter cette mafia dont le seul but est de laminer cette belle contrée unique avec un écosystème créé par la nature depuis des millénaires. Aussi, je me demande pourquoi le président de l’APC de Bousfer laisse ce désastre sans qu’il lève le petit doigt ?
Pourquoi toutes les autorités de la wilaya d’Oran ignorent ce problème qui pourtant peut être dramatique pour les sociétés qui construisent avec ce sable à forte teneur en sel, déconseillé pour la construction, s’interroge-t-il. Selon toujours ses propos, l’arrêté d’exploitation de cette carrière a été signé par le secrétaire général de la wilaya, en contradiction avec les directives de la loi 02/02 signée par le président de la République et que les dunes qu’on massacre, sont protégées par cette loi et que notre Association va déposer plainte contre ces personnes dans un premier temps, pour atteinte à l’environnement et dans un deuxième temps, pour détournement de terres agricoles. Aussi c’est le moment de faire quelque chose pour laisser ce panorama à couper le souffle pour nos prochaines générations, conclut le président de cette Association qui vient de lancer un SOS. Les 120 km de côte dont dispose la wilaya de Chlef surtout la côte du littoral Tenes, Beni Haoua, sont à même de la hisser au rang de pôle touristique pour le Centre et l’Ouest du pays, selon des professionnels du tourisme. Le directeur du tourisme au niveau du ministère rappelle à cet égard les «facilitations» accordées par l’Etat aux investisseurs pour leur permettre la réalisation de projets touristiques, insistant sur la nécessité de diversifier les projets par la réalisation de villages touristiques et d’hôtels dans les villes côtières et dans les régions du Sud et des Hauts plateaux outre des établissements hôteliers thermaux. A l’évidence, le littoral algérien est en pleine déconfiture pour absence de perspectives de relance, les niveaux de pollution augmentent ce qui fait fuir les investisseurs, à cause notamment de l’augmentation inquiétante du nombre de plages interdites à la baignade. Dans ce décor macabre, la pollution est, particulièrement, préoccupante du fait de la fragilité des écosystèmes et de leur grande fréquentation notamment touristique. Enfin, le littoral algérien et ses 1.200 km dont se peut targuer notre pays, est affecté aussi par le trafic automobile dans les villes côtières que sont la congestion urbaine, le stationnement farouche, les nuisances sonores, la pollution de l’air, les déchets solides, les rejets à la pollution de l’air et enfin les eaux usées.

À propos Nadira FOUDAD

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