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Les deux prochaines semaines sont cruciales: «Sétif risque un confinement total»

Les bilans d’habitude entre 100 et 150 cas infectés ont progressé et ont dépassé la barre des 300 cas mardi. De quoi au fait s’interroger sur l’origine de cette propagation malgré les mesures sanitaires draconiennes décidées par le gouvernement. “Agir et très vite” est le leitmotiv des médecins et du comité scientifique de lutte contre la propagation de la pandémie. Ce n’est pas encore le bout du tunnel car au moment où on a cru que l’Algérie a vaincu sa bataille contre la pandémie, voilà, que, contrairement aux projections optimistes, les chiffres s’accélèrent à nouveau au lieu de baisser. Que s’est-il passé au juste ? Mardi, l’Algérie a enregistré 336 infections au coronavirus, dont 54 cas dans la wilaya de Sétif, nouvel épicentre de l’épidémie en Algérie. A priori, il s’agit là du taux national le plus élevé des contaminés jamais enregistré depuis le début de la pandémie. Le Comité scientifique chargé de lutte et de suivi de la pandémie est confronté à une situation sanitaire aussi exceptionnelle que rocambolesque à la fois. Comment se fait-il que les chiffres des contaminés par le virus sont redescendu avant de s’élever d’un coup? Où se trouve la faille ? Et quelle est aussi la part de responsabilité des citoyens dans la propagation du Covid malgré les améliorations d’auparavant? « Les chiffres ont pratiquement doublé » précise, ce mercredi, le Professeur Riad Mahyaoui, chef de service réanimation au CNMS et membre du comité scientifique de lutte contre le Covid-19 qui appelle, toutefois, les Algériens, notamment la population des hauts plateaux à « rester vigilants». S’exprimant dans l’émission l’Invité de la rédaction de la radio chaîne 3, le Pr Mahyaoui a expliqué que « maintenant, il faudra que les gens prennent conscience et soient solidaires pour combattre ce virus » tout en insistant sur le respect des gestes barrières. Donc la menace du Covid est persistante si l’on en juge par les propos des spécialistes de la santé. Des enquêtes épidémiologiques avaient, rappelons-le, été déclenchées dans les wilayas enregistrant des taux élevés des infectés. Parmi les conclusions tirées par ces eumènes, figure la surcharge et la pression exercée sur les hôpitaux par les malades dont beaucoup, pour un moindre pépin, demandent à subir un test de dépistage de Covid. L’option de transférer des malades vers des centres “dédiés” comme palliatifs, est d’ores et déjà en mûre réflexion. D’après ce professeur, la vigilance est la seule parade contre cette pandémie». Face à cette situation, la cellule opérationnelle qui s’est déplacée sur place, a mis des mesures très strictes pour les enquêtes épidémiologiques avec traçage des cas et réalisation des tests. En plus de ce bilan lourd avancé par le comité scientifique de lutte contre le covid19, l’invité de la radio Chaîne 3 révèle que l’hôpital de Sétif affiche un taux record d’affluence et pratiquement un taux d’occupation à 100 %. On a donc pris des mesures pour pouvoir dégager des malades, qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés, sur des lieux dédiés, notamment des centres de formation, des cités universitaires et pourquoi pas des hôtels pour essayer de désengorger les hôpitaux», a-t-il ajouté. En cas où la situation devient dangereuse, les autorités locales ont été instruites pour prendre toutes les mesures nécessaires «à fermer des quartiers et même des régions». Selon lui, les deux prochaines semaines sont cruciales, soit jusqu’au 13 juillet, «si durant cette phase de contamination on arrive à endiguer le virus et le nombre de cas on est tiré d’affaire », sinon, estime-t-il, Sétif peut aller vers un confinement total comme c’était le cas auparavant pour la wilaya de Blida. Pour le Pr Mahyaoui, il faut faire très attention « sinon ce sera la catastrophe », en arguant qu’une ville comme Pékin qui a été protégée durant toute la pandémie en Chine est contaminée et « la Corée du Sud où on a fait des dépistages massifs parle d’une deuxième vague de contamination ». Les chiffres sont au plafond dans plusieurs pays à l’image des USA, le Brésil et l’Équateur, et ce, malgré toutes les mesures qu’ils ont prises. «Regardez autour de nous, plus de neuf millions de personnes atteintes dans le monde et plus de 500 000 morts. Ce n’est pas rien», a-t-il conclu.

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