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Pandémie du Coronavirus en Algérie : Comment briser la chaîne de contamination?

Le président Tebboune est “outré”. De l’histoire et du mythe, les citoyens ont tort en spéculant et en prétendant que le Coronavirus n’a pas lieu d’être et qu’il relève plutôt de la pure fiction politique voire de l’imaginaire. Le président ne trouve pas de qualificatifs pour dépeindre cette “lassitude” psychologique qui s’empare des citoyens face à la pandémie. Pourtant, l’épidémie du Covid -19 est aussi réelle comme l’eau de roche même si elle n’a pas de couleur ni saveur. On ne la voit pas non plus mais quand elle vous guette, on réalise qu’il fallait en prendre conscience. Le Covid -19 nécessite des mesures sur le terrain. Sans ces mesures la menace devient alors persistante. La lancinante question cependant est de savoir si le citoyen saura se défaire de son sentiment d’”extrapolation” ou d’”exagération” quand les dégâts et les chiffres irréfutables sont là ? Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune n’a pas manqué d’aborder ce comportement psychologique bizarroïde du citoyen face à la pandémie du Coronavirus. Il promet de durcir les sanctions contre les personnes défaillantes.
Lesquelles ? Il entend durcir les contrôles des hôpitaux, de leurs matériels médicaux, accentuer la surveillance épidémiologique dans les villes algériennes et durcir les sanctions contre les contrevenants aux consignes sanitaires comme le port obligatoire du masque. En clair, il s’agit de mesures destinées à “briser la chaîne de contamination” par le virus. S’agit-il aussi d’un retour imminent à des mesures d’auparavant comme le confinement partiel ? C’est le Premier ministre qui décidera sur la base de consultations avec son Comité scientifique national chargé de suivi de l’évolution de la pandémie. Le Chef de l’Etat a, en effet, instruit, dimanche, le Premier ministre d’étudier les mesures à prendre avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus afin de décider des actions à entreprendre, dans les prochains jours, en vue de briser la chaîne de contamination. Les jours d’entrée en vigueur de nouvelles mesures sont semble-il comptés pour les spécialistes de la santé publique. Le président a présidé une réunion du Conseil des ministres. Une réunion dont l’ordre du jour déroge à celui des précédentes. M.Tebboune a relevé avec amertume les comportements de certains citoyens qui veulent faire croire aux autres que la Covid-19 n’est qu’un mythe à visées politiques. Il s’étonne d’une telle irresponsabilité alors que les morts sont déplorés, chaque jour, par milliers à travers le monde, à commencer par les pays les plus développés, indique le communiqué du Conseil des ministres. Le président de la République a ordonné « le durcissement des sanctions à l’encontre de tous les contrevenants, individuellement ou collectivement, aux mesures de prévention », instruisant le Premier ministre d »‘étudier les mesures à prendre avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus afin de décider des actions à entreprendre dans les prochains jours en vue de briser la chaîne de contamination et de circonscrire les foyers épidémiques ».
De plus, le président de la République a de nouveau demandé au ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière de « recourir à l’avion mis à la disposition de son département afin de se rendre immédiatement et à tout moment sur place pour vérifier les informations relatives à des insuffisances réelles ou fictives publiées ici et là, en vue de rassurer les citoyens ou de couper court aux rumeurs et autres fausses informations ». Après avoir chargé le ministre de la Santé de « l’établissement de statistiques des contaminations par wilaya et de leur traitement avec davantage de réalisme », le président de la République a souligné que « la lutte contre la pandémie est une responsabilité collective (Etat, institutions, société civile et individus) à travers l’ensemble du territoire national car il y va, a-t-il dit, de la préservation de la santé et de l’intégrité du citoyen ». Le président de la République a ordonné le renforcement de la surveillance épidémiologique, du contrôle quotidien du fonctionnement des hôpitaux et du stock de matériels de dépistage. Il a, en outre, ordonné « le maintien de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes jusqu’à ce que Dieu nous libère de ce fléau », selon le communiqué. Le Conseil des ministres a auparavant suivi l’intervention du ministre de la Santé qui a évoqué l’évolution de la situation sanitaire dans le pays, sous tous ses aspects, à la lumière de la recrudescence de la pandémie à l’échelle mondiale. Il a expliqué que face à la hausse des cas de Covid-19, le ministère a adopté, depuis le 10 juin en cours, une nouvelle stratégie basée, dans un premier temps, sur la réduction de la durée d’hospitalisation des patients à cinq (5) jours et la détermination, dans un second cas, des cas nécessitant une plus longue hospitalisation en fonction du degré de gravité et de complexité, en soumettant les cas asymptomatiques à un suivi médical en dehors de l’hôpital. Les nouvelles dispositions ont permis, selon le ministre, d’ouvrir plus de 3.000 lits supplémentaires depuis le début du mois en cours, portant leur nombre total à 13.395 lits, outre l’augmentation des capacités et des moyens de traitement, par la mise à disposition de plus d’équipements de dépistage et de protection. Le ministre a fait état, en outre, de l’acquisition en cours de 252.000 tests PCR et de deux (2) appareils de dépistage par PCR d’une capacité de 2.000 tests par jour chacun. Il est également prévu l’importation de 20 millions de masques chirurgicaux, pour maintenir le stock national et de 200.000 masques pour les personnels de santé travaillant dans des services COVID, lesquels équipements viendront s’ajouter aux quantités suffisantes de médicaments destinés au traitement des patients atteints de coronavirus, sachant que le stock des médicaments a été plusieurs fois doublé. Le ministre a conclu son intervention en proposant l’intensification des campagnes de sensibilisation avec un durcissement des sanctions à l’encontre des contrevenants, affirmant que la lutte contre la pandémie, en l’absence d’un vaccin, laisse toutes les hypothèses ouvertes, y compris l’éventualité d’un reconfinement partiel pour endiguer sa propagation, a ajouté le communiqué.

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