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Acteurs réels du changement politique Quelle place pour les jeunes en Algérie?

Pour une force de “participation” et non pour une force de
“contestation”. C’est le credo de la jeunesse algérienne. Seulement voilà, le “changement” en Algérie est-il possible sans les jeunes? Frustrés, ces derniers revendiquent être en première ligne du changement. Longtemps mis en “hibernation” ou à l’écart de la gestion des affaires du pays et parfois victimes expiatoires de “slogans préfabriqués populistes” de l’ex-“Système” à l’approche des joutes électorales, nos jeunes voient désormais grand. Ils rêvent d’un avenir radieux pour leur pays lequel avenir ne peut se concevoir sans eux. La jeunesse avide de changement réclame un statut à la hauteur de ses prétentions. Elle revendique aussi un droit à prendre les rênes de la vie politique et se poser comme moteur de changement pour consacrer la “paix sociale”. Que puisse-t-on attendre d’une “Algérie nouvelle” qui mouline dans un fort taux de natalité (une population de près de 43 millions d’habitants dont 70 % des jeunes) et une progression constante de la tranche d’âge de moins de trente (30) mais qui ne produit presque rien de ses mains? Que peut faire l’Algérie nouvelle pour ses jeunes, ses “cerveaux” exilés et matières grises sorties des universités? Peut-être qu’il est temps plus que jamais de les intégrer dans la vie politique et économique du pays. Le Président de la République, Abdelmajid Tebboune, a adressé, lors de son investiture, plusieurs signaux envers la jeunesse. Mais, devant les obstacles, les jeunes préfèrent s’”organiser ” pour mieux faire entendre leur voix. “Cette Algérie nouvelle est la leur mais pour peu qu’ils se relèvent de leur longue léthargie et se prennent en charge”, estime un président d’une Association. Dans le même sillage, le président de SIDRA, représentant d’un regroupement d’une trentaine d’associations nationales, agissant sous le slogan de « EchababYataharek », annonce qu’un recueil d’une dizaine de propositions réclamant l’intégration de la jeunesse à la vie politique et publique, vient d’être adressé au gouvernement. Il énumère d’ailleurs quelques-uns des points contenus dans ce recueil. M. Nassim Fillali les assimile comme une force de proposition et de réflexion axées sur les réformes, « notamment sur celle de la nouvelle Constitution », mais aussi, sur diverses lois, telles celles relatives aux élections et aux associations, aux dispositions portant sur le développement local ou les concertations au sein des communes. S’exprimant, mardi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, celui-ci remet en cause la politique de la « chaise vide » qui a régné jusqu’alors, au détriment de cette partie de la population. Pour lui, c’est aux jeunes qu’il appartient, maintenant, d’investir l’ensemble des espaces politiques et de citoyenneté. Pour ce dernier, il leur appartient, dorénavant, de s’engager dans les syndicats, mais également, au sein des partis politiques, voire à en créer de nouveaux, plus proches de leurs aspirations. Résumant ses propos, il estime que leur démarche devrait maintenant être pensée sur l’idée de participation, et non pas seulement sur celle de la contestation, dans tous les rouages de l’Etat. M. Fillali invite la jeunesse à « passer à l’action » pour devenir l’acteur réel du changement dans la nouvelle Algérie. Il fera observer que celle-ci a été exclue, « pendant des années et des années » des centres de pouvoir. Il l’appelle à se transformer en force de proposition et d’action. Comment? C’est en l’intégrant, pour cela, dans tous les espaces de souveraineté, à l’exemple du Parlement et des assemblées élues, suggère-t-il. Dans son intervention, l’invité fait remarquer que la participation des jeunes à la vie politique « au niveau local et national » de leur pays, a été bloquée au moment où a été mis en avant l’aspect relatif à leur majorité légale. Il explique que « tous les jeunes, âgés entre 19 et 26 ans, ont, ainsi, été exclus » de la possibilité de se porter candidats pour occuper des postes dans les institutions nationales ou locales. Il juge que si l’on a le droit de voter à partir de l’âge de 18 ans, on a donc le droit légitime de se porter candidat et d’occuper l’ensemble des espaces permettant de participer à la vie politique de son Etat. Dans cet ensemble de situation, M. Fillali met en cause la responsabilité de l’Etat, celle d’une volonté politique d’impliquer la population des jeunes dans la gestion de leur pays, « ce qui n’est pas garanti par les textes de loi ».

À propos B.H.

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