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Point de Vue : Une constitution allant doucement, mais surement

En dépit des oppositions et des contraintes rencontrées sur le parcours, la nouvelle Constitution, venant inaugurer une nouvelle ère voire une nouvelle république, est entrain de s’édifier, mais surement. S’il s’agit d’une Constitution faisant foi du premier texte juridique national, il est normal, qu’elle aille rencontrer toutes les résistances possibles du monde. Nous avons une société qui est très riche des points devues religieux, culturels et linguistiques. Et, le rôle d’une Constitution, c’est, justement, trouver un consensus national réunissant tout ce melting pot, d’idéologies, de convictions, de croyances. Notre société n’est pas homogène, comme l’on pourrait prétendre. Nous sommes au début du XXI eme siècle et beaucoup d’algériens ont épousé des idéologies, des rites religieux, venant de tous les côtés de la planète. C’est réalité à ne pas sous-estimer bien que la majorité des algériens restent, profondément, musulmans croyants selon le rite sunnite malikite. Seulement, la façon de mettre en pratique de ces dogmes, qui diffère d’une personne à autre. Justement, une constitution ne devrait guère être l’œuvre de ce parti ou de cette mouvance en l’absence de l’autre. L’Etat algérien est l’Etat de tous ses citoyens, sans la moindre distinction, entre un musulman pratiquant, ou non pratiquant, entre un croyant et un athée, entre un islamiste et un laïc.. Le rôle de l’Etat et de par les dispositions de sa Constitution est garantir à tout un chacun un espace de liberté d’expression, sans pour autant empiéter sur les espaces des autres. C’est sous la «houlette» d’une Constitution pluraliste répondant à tous les penchants que nous devrons apprendre à vivre notre liberté dans un cadre de cohabitation, redorée de respect et de dialogue réciproques entre toutes les composantes de la société. Un salafiste ne doit plus se juger comme étant le porteur exclusif et central de la vérité religieuse. En revanche un laïc ou un communiste ne doit plus, également, se juger comme étant le récipient central de l’illumination et de la modernité. Ainsi, chacun doit vivre sa «vérité à lui» dans un cadre strictement, personnel. L’on ne doit pas, non plus, amalgamer entre ce qui personnel et ce qui relève des affaires «communes» de la communauté. Il y a, justement, ça ou la guerre et ses affres, que chaque algériens en possède des souvenirs cauchemardesques. Il n’y a pas une autre option. Le peuple est, ainsi appelé, à s’engager cœur et âme à enrichir les textes de cette Constitution, que nous souhaitons, sincèrement, qu’elle ne sera pas à l’image sinistre des précédentes Constitutions.

À propos A. BenAbdellah

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