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Elle éprouve de grandes difficultés pour payer les pensions Le lourd fardeau de la CNR

Le déficit de la Caisse nationale de retraite est réel et ne souffre d’aucune équivoque. Déjà, lors du maintien du départ à la retraite “sans limite d’âge”, le risque pour l’avenir de la CNR était grand. Qu’en est-il aujourd’hui avec la limite d’âge fixée à 65 ans ? Les experts et les économistes prévoient, depuis au moins trois années de cela, une “récession” au niveau de la Caisse nationale de retraite. Il faut savoir qu’avec un nombre de plus de 03 millions de bénéficiaires de pensions et d’allocations de retraite, le montant réel versé par la CNR revient à 870 milliards de dinars. Un lourd fardeau porté par la CNR. Conjoncture oblige, la Caisse nationale de retraite éprouve moult difficultés afin d’honorer ses engagements envers les retraités. Cette situation semble accentuée par un certain manque dans les cotisations des salariés à cause de la réticence des employeurs, particulièrement ceux des entreprises, surtout quand on sait que 50 % des besoins de la CNR sont couverts par la Caisse d’ assurances sociales. Faut-il redouter, dans ce cas, une possible révision des pensions de retraite? Faut-il recourir à un endettement ? Y a-t-il des alternatives pour sauver la CNR ? Faute de compter sur les cotisations pouvant être versées par un plus important nombre de salariés, la CNR éprouve, depuis quelques années déjà, de fortes contraintes pour pouvoir payer les pensions à ses quelque 3,3 millions d’adhérents. La tendance s’est inversée. Cinq retraités payent aujourd’hui pour deux personnes actives. C’est inimaginable. “Il existe actuellement 02 personnes actives pour 05 retraités, alors que dans le meilleur des cas, il faudrait 05 personnes actives pour pouvoir financer la pension d’un retraité, une équation difficile à renverser compte tenu, en particulier, du sous-emploi”, révèle-t-on .
Commentant, mardi, cette situation à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le Directeur général de la CNR, M. Slimane Melouka, a tenu à souligner que le déficit de financement auquel est confronté son organisme, n’est pas un problème propre à l’Algérie. Pour payer les retraites à ses ayants droit, celui-ci explique que son organisme doit actuellement faire appel à deux sources principales que sont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS), laquelle, précise-t-il, contribue par un apport financier de 80%, soit 50% des besoins de la caisse, auquel s’ajoute, dit-il, un complément versé par l’Etat, d’environ 18 à 20%. La troisième source de financement dont dispose encore la CNR, indique encore M. Melouka, est constituée par une part de la fiscalité douanière prélevée par les Douanes nationales au titre de la loi de Finances de 2018, laquelle, précise-t-il, aura contribué, en 2019, à hauteur de 50 milliards de dinars, une somme prévue pour doubler en 2020. Si, déclare ce dernier, la question de la nécessaire réforme du système de financement des retraites revient chaque fois au-devant de la scène, rien n’a encore été tranché sur ce sujet. Pour l’intervenant, il existe d’autres sources additionnelles de financement susceptibles d’être exploitées au bénéfice de la caisse de retraite, à l’exemple de prélèvements de taxes sur le tabac, sur la téléphonie mobile ou bien encore sur les médicaments. Par rapport à l’idée de solliciter le Fonds national de réserve des retraites lequel disposerait de plus de 600 milliards de dinars pouvant aider à essuyer une partie du déficit de la CNR, l’invité considère que celui-ci ne pourrait répondre qu’à des besoins équivalents à une année, ajoutant, de plus, qu’il s’agit-là d’une décision relevant des « plus hautes instances ».

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