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Envolée des prix des fruits et légumes : Vers un retour à la stabilité

Une hausse expliquée par un manque d’approvisionnement des marchés de gros comme c’est le cas de celui d’El Kerma (Oran) et la ruée massive des acheteurs. Mais cela reste “conjoncturel” puisque les produits de saison seraient en cours de route sur les marchés, croit-on savoir. De même que le citoyen lambda qui visite les marchés quotidiens de sa ville, constate à ses dépens une hausse des prix de la carotte et de l’oignon. Il n’arrive pas non plus à trouver des explications à ce phénomène, c’est pourquoi ça l’inquiète tant en cette période de poursuite de confinement contre le Coronavirus alors que la saison de récolte est pour bientôt. En plus, malgré les dernières pluies d’été, les agriculteurs n’ont pas daigné procéder aux semences, préférant sans doute attendre la levée du confinement et la disponibilité du transport dans certaines wilayas à vocation agricole. Il est évident que le citoyen ne croit pas à ces facteurs, lui qui pense juste de dénicher son produit stratégique à bon prix, pour pouvoir se mettre à l’abri de la faim. Pour lui, cette hausse des prix est un fait pour le moins “inhabituel” car en contradiction des mesures prises par les ministères du Commerce et de l‘Agriculture, visant à garantir la disponibilité des produits à des prix accessibles ou référentiels dans les marchés, en cette période de lutte contre le Covid-19. La hausse des prix des fruits et légumes, constatée depuis quelques jours sur le marché, est un fait « conjoncturel » dû à plusieurs facteurs, ont expliqué, mercredi, des mandataires des marchés du gros, tablant sur un retour à la normale, dès cette semaine, grâce à la disponibilité des récoltes agricoles de saison. En effet, les consommateurs ont été surpris de découvrir une flambée des prix dans les marchés notamment pour les fruits et légumes de saison. Ainsi, la carotte est cédée entre 100 DA et 110 DA le kg, la pomme de terre, l’un des légumes essentiels des plats algériens, est passée de 40 DA à 80 DA/kg, soit plus que le double de son prix habituel. Le piment et le poivron ont dépassé la barre de 120 à 130 DA le kilogramme, tandis que les prix des oignons ont triplé et sont cédés à plus de 100 DA le kg. Quant aux fruits, pourtant de saison tels que les abricots et les pêches, sont proposés à plus de 150 DA/kg. Les figues, elles, sont étalées à 300 DA le kilo. Dans une déclaration, le président de la Fédération nationale des marchés de gros, affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Said Guebli, a affirmé que les 39 marchés de gros dont dispose le pays, n’ont pas été alimentés par des fruits et légumes frais depuis vendredi dernier. « A l’occasion de l’Aïd El Fitr et des décisions de confinement total prises par les autorités publiques, les exploitants agricoles et les commerçants n’ont pas pu travailler pendant presque quatre jours si l’on compte la journée du vendredi dernier. Au niveau du marché de gros, il n’y avait pas, hier (jour de reprise de l’activité ndlr), de marchandises à proposer aux clients », a souligné M. Guebli. Le président de la Fédération nationale des marchés de gros a assuré que la hausse de la mercuriale, enregistrée ces jours-ci, reste un phénomène « conjoncturel » et que la reprise effective de tous les intervenants de la chaîne de distribution permettra d’offrir aussi bien « la quantité et la qualité » à des « prix abordables », dès la semaine prochaine. Dans le même esprit, le président des mandataires des marchés de gros, Mohamed Rédha Medjber, a soutenu que l’offre en production agricole est disponible et à des prix jugés « raisonnables » et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. « Nous n’avons pas pu travailler durant les deux jours de l’Aïd. Les exploitants agricoles n’ont pas aussi récolté leur production. C’est ce qui explique la situation actuelle. Et malgré ces conditions, les prix sont restés plus au moins accessibles », a fait observer encore M. Medjber. Cet intervenant a ajouté que le confinement et la restriction des déplacements, mis en place durant la fête de l’Aïd par les autorités publiques pour contrer la pandémie du Coronavirus, ont empêché les ouvriers saisonniers d’accéder aux champs pour cueillir les fruits et légumes et par conséquent, alimenter les marchés de gros. Le président de l’Association nationale de protection des consommateurs (APOCE), Mustapha Zebdi, relève que le manque d’approvisionnement des marchés de gros et de détail, durant cette semaine, “est à l’origine de la hausse des prix et même d’une  » certaine pénurie ». « Nous avons proposé au ministère du Commerce d’établir une permanence des commerces de détail, pas seulement pour les deux jours de l’Aïd, mais aussi pour l’après Aïd, car ils ont été nombreux à fermer boutiques juste après la fête », a confié M. Zebdi, invitant les commerçants à reprendre leurs activités, surtout dans le contexte de la pandémie. Estimant que les prix des aliments n’ont pas connu une « envolée démesurée », le président de l’Association nationale de défense des consommateurs a déploré, néanmoins, que des marchés de fruits et légumes demeurent encore vides et pour certains fermés. « Il s’agit d’un problème de régulation et d’organisation qui devrait être pris en charge, même dans des situations exceptionnelles », a-t-il signalé, se disant convaincu que l’abondance, constatée dans la production, permet d’espérer une stabilité dans les prix.

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