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Journée mondiale sans tabac : Protégez les jeunes

« Bien que cette proportion diminue au fil des ans grâce aux
efforts phénoménaux déployés par les acteurs de la lutte antitabac, la protection de ces groupes vulnérables nécessite davantage d’efforts», estiment les spécialistes qui rappellent que «toute personne commençant à fumer avant le début de la vingtaine est non seulement plus susceptible de devenir dépendante, mais peut également s’avérer moins capable de contrôler son tabagisme en vieillissant». «L’industrie vend délibérément une dépendance mortelle aux jeunes», ne cessent aussi d’alerter les associations qui travaillent dans la lutte inlassable contre la dépendance des jeunes au tabac et la nicotine qui pointent du doigt accusateur les industriels du tabac qui «embellissent leurs produits afin de les rendre plus attrayants pour des groupes démographiques spécifiques, notamment avec leur emballage ou en faisant usage de la stratégie de marque». Ceci est particulièrement évident dans l’énorme intérêt suscité récemment par les cigarettes électroniques et les produits de tabac chauffés. En Algérie, chaque année, ce sont 15 000 morts provoquées par la cigarette soit une quarantaine de personnes qui meurent du cancer du poumon chaque jour dont 8 000 cas de cancer sont recensés par an. Les spécialistes de la santé publique estiment, à propos des actions de sensibilisation et du plan national à mener, qu’il y’a lieu de «rendre le tabac inaccessible et non pas l’interdire”, en insistant sur l’application strict de la réglementation dont l’Algérie s’est portant dotée d’un arsenal mais qui reste sans application. Effectivement, cet arsenal juridique contre le tabac est instauré depuis 1985 ; des lois relatives à la protection et la promotion de la santé interdisant le tabagisme dans les lieux collectifs qui ne sont malheureusement pas appliquées dans les milieux de travail ou les endroits publics. Selon l’article 3 de la loi 85-05 de février 1985, l’usage du tabac est interdit dans les établissements scolaires d’enseignement préparatoire, de formation professionnelle et les lieux utilisés pour l’accueil et l’hébergement des mineurs. Mais les spécialistes constatent «qu’aucune sanction n’est exécutée sur les fumeurs au moment où les non-fumeurs sont “asphyxiés” et ne possèdent aucun “moyen juridique à l’encontre des fumeurs”. L’usage du tabac est devenu banal dans les lieux publics et les non-fumeurs sont carrément «passés à tabac», ainsi que des mineurs fumeurs qui restent non protégés. A cela il faut ajouter la passivité des secteurs censés appliquer la loi qui n’interdisent pas la vente de tabac dans les rues et parfois même par des mineurs et les services de la douane qui laisse aussi passer le tabac roulé et le ministère du Commerce qui l’autorise. Le phénomène de la Chicha voit aussi le jour, en Algérie, au vu et au su de tous. Originaire d’Asie et d’Afrique, le principe de la Chicha repose sur un mélange de tabac chauffé grâce à du charbon, produisant une fumée qui, après son passage dans un réservoir rempli d’eau, est inspirée par l’usager au moyen d’un tuyau souple. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, «une séance de Chicha (ou narguilé) d’une heure correspondrait à l’inhalation de la fumée de 100 à 200 cigarettes». La Chicha est classée donc dans la même catégorie que les cigarettes, puisque sa fumée présente les mêmes dangers que celle des cigarettes classiques. De plus, la fumée moins âcre et associée à des parfums sucrés incite les fumeurs à inhaler plus profondément, provoquant des dégâts importants. Pour les médecins spécialistes en tabagisme, «il n’est pas nécessaire de fumer soi-même pour être intoxiqué par le tabac», parce que arguent-ils : «le fait de respirer à côté d’un fumeur signifie inhaler involontairement des milliers de substances dont de nombreuses cancérigènes». «La fumée secondaire est la plus dangereuse pour les non-fumeurs et reste plus concentrée en produits toxiques», assurent les médecins qui tiennent à souligner que «le tabagisme passif peut être mis en cause dans de nombreuses maladies du non-fumeur dont l’infarctus du myocarde et le cancer du poumon». Ils sont unanimes ces spécialistes à appeler à l’interdiction strict de fumer dans les lieux publics. Sur un autre chapitre, sont aussi relevés les risques pour les enfants qui sont particulièrement vulnérables face au tabac. «Même si elle le fait de façon involontaire, une femme enceinte qui respire de la fumée intoxique son bébé», affirme-t-on aussi. «Bien souvent, les enfants ne peuvent pas s’éloigner des fumeurs qui les entourent. Malgré eux, ils respirent donc des substances qui s’avèrent bien plus nocives pour eux que pour les adultes car leur système immunitaire n’est pas aussi efficace en ouvrant ainsi la porte aux infections tels que les otites et les bronchites», relèvent beaucoup d’associations de prévention et de luttent contre les méfaits du tabac qui tirent la sonnette d’alarme sur «le tabagisme passif qui augmente les risques de mort subite du nourrisson et pourrait augmenter le risque de certains cancers tels les tumeurs du cerveau». Alors, pour quand l’interdiction strict de fumer dans les lieux publics ? C’est la question qui revient comme leitmotiv, chaque année, en rappelant que l’Algérie est à la traîne sur cette question si on la compare avec les pays qui ont déjà interdit l’usage du tabac dans tous les lieux publics. «La journée mondiale sans tabac 2020 est l’occasion de montrer comment il est possible de responsabiliser les jeunes afin qu’ils prennent en main leur santé et rejettent la dépendance au tabac», insistent encore les spécialistes de la lutte contre le tabac. Ces derniers appellent «les acteurs de la lutte antitabac à protéger ces groupes dans le cadre de campagnes et d’interventions menées à tous les niveaux de la société, à renforcer la résistance de la prochaine génération de jeunes face au tabagisme, et à évoluer progressivement vers un avenir sans tabac». Le constat est établi, il est impératif de protéger les jeunes et de les mettre à l’abri de la dépendance au tabac. Il est temps.

À propos Hocine Smaâli

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