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Mohamed Chérif Benmihoub propose de changer les billets de banque : Attention à l’informel !

Entre le Coronavirus et l’argent du secteur informel, il n’y a certes pas photo, diront certains. Les économistes, quant à eux, ont un avis. L’argent informel, non seulement un casse-tête “économico politique” en Algérie mais éventuellement un “facteur aggravant” la crise sanitaire à laquelle est confrontée l’Algérie depuis plus de quatre mois déjà . Depuis la propagation de la maladie du Coronavirus dans le pays, la lancinante question qui consiste en “comment récupérer le flux des capitaux circulant dans le secteur informel, en cette période d’instabilité des marchés pétroliers, aura pris une autre “formulation”. Est-il en fait judicieux de changer immédiatement les billets de banque en cette période de “crise épidémique” à conséquences sur l’économie, pour pouvoir lutter efficacement contre le phénomène de l’argent informel? Impossible d’estimer en effet la masse importante de l’argent qui sommeille dans le secteur informel en Algérie. Des experts estimaient que les placements dans les banques s’élevaient dans un passé récent à 20 milliards de DA, 60 milliards de DA, voire jusqu’à 100 milliards de dinars . De quoi, au fait, “reconstruire” l’économie algérienne. Et si cet argent informel pouvait être utilisé pour réduire l’impact des dépenses onéreuses de l’Etat dans la lutte contre le Coronavirus ? La “solution” adoptée par la LFC de 2015 par l’ex- ministre des Finances, Abderahmane Benkhalfa, proposait alors une “amnistie fiscale” pour les masses importantes d’argent informel. C’était pour attirer ces capitaux vers les banques dont certaines étaient à l”époque en proie à un déficit contre une exonération d’impôt de 7 % . Cette mesure, quoique fortement critiquée à cette époque par des experts, a permis aux banques de réaliser des chiffres spectaculaires du fait des placements effectués par le secteur informel et qui s’élevaient à plusieurs centaines de milliards de DA. Loin de l’option de l’”amnistie fiscale” telle que suggérée par d’anciens banquiers, des économistes, eux, parlent de changer vite les billets de banque pour éviter l’effritement de l’économie. Ainsi, l’analyste en économie, Mohamed Chérif Benmihoub, juge difficile d’évaluer la masse de l’argent du secteur informel. Il considère qu’il faudrait trouver une parade à cette situation. Comment? Il propose de mettre en avant les mécanismes propres à la canaliser soit, «solution radicale», à procéder au changement des billets de banque. Notant qu’il est difficile d’estimer, «pour différentes raisons», le montant des sommes détenues par ce secteur, le professeur Benmihoub qui intervenait, dimanche, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, propose de faire appel à la finance islamique, mais, «cela demande du temps et de la confiance». Commentant la situation sanitaire à laquelle fait face l’Algérie, l’intervenant rappelle qu’après la crise politique, puis économique engendrée par la chute des cours du baril de brut, il faudrait tirer des leçons sur les moyens à mettre en œuvre pour affermir «notre capacité de résilience». Aujourd’hui, relève-t-il, le pays s’est rendu compte «que les questions de sécurité sanitaire et alimentaire, en particulier, “sont parmi les aspects les plus importants». Désormais, ajoute-t-il, les pays “pourtant très puissants”, «parce qu’ils ont tout délocalisé, réfléchissent à une gouvernance nouvelle, notamment celle d’une meilleure organisation de leurs services de santé. Cet analyste estime que la transparence, la compétence et l’évaluation des actions sont des éléments clés à intégrer dans la gouvernance. Il y ajoute ceux relatifs à la maîtrise des technologies du numérique ainsi que celles de la participation et de la solidarité dont il considère qu’elles doivent être prises en compte parmi les actions phares des institutions. Mais pour ce faire «et anticiper sur tous ces facteurs», le professeur Benmihoub insiste sur la nécessité pour l’Algérie de disposer d’institutions solides et pas celles ne se contentant que de gérer que le «statu quo», ce qui, souligne-t-il, «n’est plus valable aujourd’hui». Parmi les priorités auxquelles le pays doit s’attacher, l’intervenant met en avant celle de l’économie, «même si la réforme du système de soins est une préoccupation urgente». Il explique qu’on ne peut, en effet, imaginer une réforme de la santé sans celle de l’économie, parce que cette dernière a besoin de financements. En ce qui concerne les réformes économiques à entreprendre et indépendamment de la situation créée par la pandémie du Covid 19, l’invité a évité d’instituer une politique d’austérité, laquelle, prévient-il, «va anéantir notre économie». En raison d’une éventuelle austérité, «à qui, s’interroge-t-il, va-t-on vendre les productions des entreprises». Pour lui, «et quoique cela ne suffise pas», l’augmentation du SNMG et la suppression de l’IRG pour les revenus de moins de 30.000 dinars sont des éléments qui permettent de garder un pouvoir d’achat, de susciter la consommation et donc de contribuer à la relance.

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