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Alors que la filière traverse une crise qui perdure Les aviculteurs de Béjaia s’organisent

La filière avicole à Béjaia traverse, depuis maintenant plusieurs années, une crise qui l’a secouée, due à plusieurs paramètres, ce qui a poussé certains éleveurs à mettre carrément les clés sous le paillasson. Cette situation a poussé la direction des services agricoles de la wilaya à regrouper, à la Maison de la culture de Béjaia, tous les intervenants dans la filière avicole, dont, outre les aviculteurs, les fournisseurs d’aliments du bétail, les responsables des abattoirs avicoles et les agents communaux de vulgarisation agricole. «L’objectif de ce regroupement, le premier du genre, est d’organiser cette filière avicole qui aboutira, dans un proche avenir à la création d’une coopérative avicole de la wilaya», estiment les organisateurs. «Une coopérative qui permettra aux aviculteurs de réguler le marché du poulet et de l’œuf, de faire des achats groupés et de négocier ensemble le prix et la disponibilité de l’aliment du bétail et de les stabiliser, d’avoir la disponibilité permanente des médicaments, de recruter un vétérinaire pour suivre de près les poulaillers», affirme unanimement les aviculteurs présents, qui comptent beaucoup aussi sur l’aide de l’Etat. La direction des services agricoles, par la voix de son directeur, veut justement donner un coup de pied dans la fourmilière estimant qu’il est temps de s’organiser et redynamiser cette filière en application de la nouvelle politique du secteur agricole à Béjaïa. Il convient de rappeler que depuis la fin du mois de Ramadhan passé, le prix du poulet est en perpétuelle hausse au grand dam des petites bourses. Des prix qui sont passés de 260 DA/ kg pour atteindre… 460 DA/Kg dans certains endroits de la wilaya. «Le prix du poulet de chair est passé, en deux ou trois semaines, de 240 à 400 DA/le kilo, idem pour le prix du plateau d’œufs qui grimpa aussi de 210 à 380 DA», nous fait savoir un aviculteur de la Vallée de la Soummam. Cette subite augmentation est imputée aux aviculteurs «démotivés» par la chute du prix des viandes blanches ces derniers mois, au moment du pic de la production, dont certains ont carrément jeté l’éponge. C’est un constat dressé par les responsables de la filière avicole de la wilaya qui soulignent que malgré la suppression de la TVA sur l’aliment des poussins, «il reste tout de même que le prix des médicaments et du gaz, utilisés dans les poulaillers, demeurent très élevés et reviennent trop chers aux éleveurs». Cette augmentation des prix du poulet de chaire est dictée aussi, à en croire les aviculteurs rencontrés, par l’indisponibilité de la poulette puisque, nous dira un aviculteur que «la plupart des aviculteurs ont procédé à la réforme de la poulette qui a dépassé les 16 mois». Quant au repeuplement des poulaillers celle-ci bute, nous dira encore notre interlocuteur, «à la hausse du prix d’achat qui est disponible bien sûr qu’en dehors de la wilaya de Béjaia». Investir dans ce créneau devient par la force des choses difficile à Béjaia et le peu d’aviculteurs qui reste dans cette wilaya pourra, si cette crise persiste, déposer les clefs sous le paillasson, ne cesse d’avertir certains aviculteurs de wilaya de Béjaia que nous avons rencontrés. Ceux rencontrés, notamment dans la vallée de la Soummam, nous ont énuméré beaucoup de problème qui entravent le développement de la filière comme la cherté des produits vétérinaires et l’électricité. Pour la renaissance de cette filière en crise, les aviculteurs insistent sur «la disponibilité de facteurs de production et la création d’un fond de soutien pour cette filière déficitaire», en sus de l’indemnisation des aviculteurs contre les calamités naturelles et les épidémies qui ont décimé des bâtiments entiers d’élevages. Les aviculteurs, qui tirent la sonnette d’alarme sur le devenir de la filière, exhortent aussi les banques à accorder des crédits de campagnes pour le repeuplement des bâtiments d’élevages et l’achat de l’aliment, «des crédits jusque là refusés par les différentes banques», nous informe-t-on aussi. «Aujourd’hui, il est temps de redynamiser cette filières par la réorganisation et l’apport d’un appui scientifique et technique aux agriculteurs dans tous les domaines, en vue d’optimiser les productions», nous dira encore un cadre de la DSA de Béjaia, qui salue au passage la création prochaine de cette coopérative. La wilaya de Béjaia, qui alimente le marché national, essentiellement, par le poulet de chair et l’œuf de consommation, est classée à la 4e place à l’échelle nationale dans l’activité avicole. Une wilaya qui a produit cette année 149 493 quintaux de poulets de chair et compte plus de 500 établissements d’élevage de poules pondeuses, dont l’effectif est estimé à 1 490 630 sujets. A cela s’ajoute plus de 1 000 autres établissements spécialisés dans le poulet de chair avec un effectif de plus de 3 millions de sujets.

À propos Hocine Smaâli

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