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Programmes des télévisions pendant le Ramadhan : Des manquements et des scandales !!!

Tout en invitant les autre chaînes à « bannir, dans leurs programmes pour le mois de Ramadhan, toute forme de violence, à respecter les principes de la profession et raffiner les goûts », l’ARAV appelle « à prendre les mesures appropriées pour faciliter l’accès des personnes aux besoins spécifiques aux programmes audiovisuels ». Il faut dire aussi que ce débat sur le rôle, l’étique et la déontologie des télévisions privées, mis à l’index par les professionnels des médias, est descendu dans la rue à la faveur de la protestation populaire du mouvement populaire Hirak qui a pointé du doigt accusateur ces chaînes. En effet, la manière de voir, de couvrir et voir même du zapping des manifestations, a aussi élargi le fossé qui s’est creusé déjà, entre ces chaînes et le citoyen même lambda. Les manifestants ont sévèrement critiqué ces télévisions, pour leur silence intriguant, face à ces manifestations de la colère populaire qui parcourt toute l’Algérie dont certaines ont observé une attitude empreinte d’indifférence. Sont dénoncés aussi « les détournements des revendications portées par des milliers de manifestants pour les tronquer par d’autres liés aux agendas connus». Il faut dire que le secteur de l’audiovisuel, ouvert en catimini après ce qui a été appelé communément les «révolutions arabes», baigne dans l’anarchie. Depuis cette ouverture sauvage, la vie privée des personnes est étalée par voie cathodique, d’autres qui ne partagent pas les avis de ces télés, sont carrément lynchés et livrés à la vindicte populaire, au su et au vu de tous. N’a-t-on pas vu et suivi, avec impuissance, et mettre sous les feux de la rampe la sorcellerie ? Des charlatans sont mêmes élevés au rang de guérisseurs attitrés. D’autres affiliés à la filière des frères musulmans d’Égypte ont carrément versé dans la pure apologie du terrorisme, incitant à la haine et la violence dont l’Algérie a tant souffert une décennie durant, en perdant plus de 200.000 morts. « Certains vecteurs audiovisuels versent plus dans la publicité mensongère, la violation de la vie privée, l’atteinte à la dignité des personnes, la désinformation et plus grave encore, des attaques contre la cohésion de la société algérienne avec des appels à la haine, au régionalisme et à la fitna », n’ont cessé de dénoncer les professionnels de l’audiovisuel. En bafouant les règles de déontologie journalistique les plus élémentaires, ces TV de la haine ont bradé le marché de la publicité en proposant des spots à bas prix et d’autres continuent à fonctionner sans aucune ressource publicitaire. C’est ce qui pousse les spécialistes des médias à se poser la lancinante question suivante: d’où proviennent leurs financements ? De droit étranger, échappant de surcroît au fisc algérien en gonflant le rang des paradis fiscaux étrangers, ils ne sont autres que des télévisons offshore. L’Autorité de régulation de l’audiovisuel, créée pour surveiller et dénoncer les multiples dérapages et autres manquements récurrents à l’éthique et à la déontologie de la profession, s’est contentée, jusque-là, de faire le constat sans plus. On se rappelle de sa réaction au lendemain du décès du réalisateur Youcef Goucem, après une tentative d’immolation devant les locaux de la chaîne de télévision privée Djzaïr-TV, où l’ARAV n’a fait que pendre un communiqué laconique. Cet organisme s’est contenté d’informer sur la « recrudescence » des plaintes de professionnels contre certaines chaînes de télévision privées pour le non-respect des contrats. L’Arav a renvoyé, à l’époque, les plaignants aux tribunaux. Aujourd’hui, l’Algérie compte plus de 200 titres de presse écrite de diverses catégories, une quarantaine de chaînes de télévision, une cinquantaine de radios publiques nationales et locales et plus d’une vingtaine de journaux électroniques, toute cette corporation de médias se déploie d’une manière quelque peu anarchique. Le diagnostic est fait, qu’attend-on pour opérer ce mal qui gangrène le secteur de l’audiovisuel ? La réponse est dans le camp du gouvernement qui devra donner un coup de pied dans cette fourmilière sauvage, une action, en somme, tant attendue. Ces chaînes de télévision, hors la loi, spécialisées dans « la vulgarisation de l’insulte et l’invective », vont-elles faire les frais de ce prochain assainissement et disparaître totalement du paysage médiatique ? « Ce n’est pas une remise en cause de l’ouverture du paysage audiovisuel, mais d’une réglementation d’un domaine d’activité comme il en existe dans tous les pays du monde et pour préserver la santé morale du pays », est-t-il affirmé à plusieurs reprises, par les responsables du secteur de la communication, sans toutefois agir. Le réquisitoire est dressé non pas contre le développement du paysage audiovisuel national, mais contre des chaînes de la haine, hors la loi, qui ont créé, des années durant, un environnement malsain fait de suspicion, ajoutant encore de la confusion à cette triste époque que nous vivons. Cette fois-ci, le ministère de la Communication et l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV), au vu de leurs différentes réactions, veulent assainir ce secteur et mettre à niveau du paysage audiovisuel algérien. Ce dernier est gangrené par ces chaînes de télévisions privées de droit étranger certes, mais ne saurait les soustraire de leurs responsabilités morales et obligation de se confirmer à la déontologie et aux lois de la République algérienne.

À propos Hocine Smaâli

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