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Le président de la CIPA à propos des entreprises algériennes : «2019, une année blanche»!

De quel modèle économique a besoin l’Algérie? Le pays a lancé en 20 années une série de projets économiques d’envergure pour consolider une assise industrielle et économique confortable qui libère les initiatives. Mais face aux aléas internes (fermeture d’entreprises pour cause d’environnement économique et de concurrence et des aléas externes ( chute des cours du pétrole et dépendance excessive de l’économie des revenus pétroliers et gaziers ), l’Algérie a été contrainte dès 2016 d’opérer une transformation économique structurelle qu réduit le rôle de l’Etat, booste celle du secteur privé et limite la dépendance énergétique de l’économie. Pour autant, les résultats escomptés par les gouvernements précédents n’ont pas atteint leur objectif selon les experts. Le monde entrepreunarial qui guète toujours la délivrance, n’arrive pas à se mettre au diapason du nouveau modèle économique. Pour sortir de la crise économique, les spécialistes et le patronat suggèrent de mettre en place dès maintenant les leviers et les mécanismes d’un vrai modèle économique. Un modèle économique qu’on veut «100% algérien » et non pas du «copier coller» qui ne tient pas compte des changements conjoncturels des lois» comme l’estiment certains juristes en économie. Ce modèle économique doit d’abord identifier le tissu d’entreprises en proie à des difficultés, valoriser les ressources humaines et réduire les importations qui coûtent beaucoup pour le Trésor public et effrite les devises de l’Algérie. Selon des analyses, la situation des entreprises économiques, notamment privées, a été rudement mise à mal durant la transition politique qu’aura vécue le pays durant neuf longs mois avec la vague des fermetures et son corollaire, les pertes d’emploi par les travailleurs. Il serait très hasardeux de séparer l’économie de la politique en ces temps cruciaux de volonté manifeste d’un redressement économique. Depuis l’investiture de Abdelmajid Tebboune en qualité de Président de la république élu le 12 décembre dernier, le patronat ne cesse de se poser des questions tant sur l’avenir des entreprises économiques que sur le « nouveau modèle économique » afin de sortir l’économie de sa léthargie. Il compte beaucoup sur le rôle et les décisions du Président de la république pour « désamorcer » la crise économique. Pour le Patronat, 2019 a été particulièrement une « année blanche » pour les entreprises algériennes. Faut-il alors relancer l’idée des assises nationales sur l’économie et les entreprises ? Faut-il réunir en urgence la Tripartite ? Le président de la Confédération des industriels et patrons algériens (CIPA), Abdelwahab Ziani a sa propre analyse de la situation économique. Il a appelé, mercredi à Alger à la tenue dans les plus brefs délais d’une tripartite réunissant le gouvernement, le patronat et les syndicats, afin de discuter du modèle économique, qui pourrait être mis sur pied pour une économie forte et durable. « Il est très important que cette tripartite se tienne dans les plus brefs délais afin de mettre en place une stratégie s’appuyant sur la valorisation des ressources nationales et du potentiel humain compétent et ce, pour sortir de la crise économique », a souligné M. Ziani sur les ondes de la radio nationale. Il a insisté, dans le même cadre sur l’impérativité de créer « le modèle économique algérien » en s’appuyant sur des compétences algériennes. « Pour réaliser ce modèle économique algérien, il faudra tout d’abord faire confiance aux entreprises algériennes à leur tête les start-up qui peuvent réduire de 50% la facture des importations qui coûtent annuellement des milliards de dollars à l’Algérie », a relevé le responsable. M. Ziani a souligné, également la nécessité de faire également confiance aux entreprises algériennes sous-traitantes qui activent dans le domaine du bâtiment et des travaux publics (BTPH), appelant les autorités à « les faire bénéficier de marchés dans ce domaine ». « Il devient vital de libérer l’économie et notamment le secteur industriel et revoir les mécanismes de subvention » a-t-il considéré. Il a expliqué que pour parvenir à une économie forte, les autorités doivent soutenir d’avantage les PME-PMI vu leur forte valeur ajoutée dans le processus de l’intégration nationale, et accompagner les porteurs de projets créateurs de richesses et d’emplois. M. Ziani considère à propos de la réglementation qui régit l’économie, qu’il faudra mettre en place des lois stables afin de garantir un climat d’affaire attractif pour l’investissement. Ces lois, a-t-il poursuivi, devraient être accompagnées impérativement par des textes d’application afin d’encourager les opérateurs à être plus performants. L’intervenant a appelé à « consolider les textes de loi dans les filières importantes à l’instar de celle des céréales pour donner un punch à l’économie nationale », ajoutant que ceci va encourager les investisseurs à faire le pas. « Actuellement dans certaines filières à l’instar des filières agricoles, il n’existe pas de textes d’application de certaines lois », a-t-il déploré tout en ajoutant que ceci constitue une véritable entrave pour les opérateurs. M. Ziani a indiqué que les entreprises algériennes ont connu en 2019 « une année blanche » tout en ayant une redevance fiscale à honorer. Pour faire face à ce problème, a-t-il ajouté, il faudra en premier lieu sauvegarder les entreprises existantes et les faire bénéficier d’un « moratoire »(dans le domaine fiscal) afin qu’elles puissent remonter la pente et participer activement à la construction d’une économie forte et durable indépendante des hydrocarbures, a-t-il conclu.

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