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Pôle & Mic : L’inculture «voulue»?

Personne ne peut nier que l’inculture en Algérie s’est bien enracinée dans notre société. Cette inculture a ses raisons et qui sont diverses, dont l’école et notre propre culture basée sur l’oral que sur l’écrit. Pendant trois décennies au moins, aucune réforme n’est venue motiver le citoyen à lire et à comprendre. Beaucoup d’Algériens n’ont aucun lien avec tout ce qui est culturel. Ils sont aussi nombreux qui n’ont jamais mis le pied dans un théâtre ou un opéra. La majorité de nos jeunes de moins de trente ans ne savent pas ce qu’est un musé ou une salle de cinéma ou encore un conservatoire. Des jeunes et moins jeunes ne connaissent pas les auteurs algériens ou même étrangers et s’ils les connaissent de « renom », ils ne les ont jamais lu. L’école a, depuis des décennies, formé des automates, soit des jeunes qui apprennent par cœur et donc ne réfléchissent pas. L’Etat n’a rien investi en matière d’infrastructures culturelles notamment dans les villes de l’intérieur et les villages. Et quand elles existent dans ces endroits, le personnel n’est pas bien formé et n’est pas créatif, c’est aussi le cas des centres culturels dans certains quartiers populaires dans nos grandes villes. Depuis les années 80, le « bricolage » culturel fait encore des ravages et il n’y a qu’à faire un tour dans nos universités, le carrefour des idées. L’industrie du livre en Algérie est à l’agonie et nos responsables ont eu le génie d’augmenter la TVA. La presse dans sa grande diversité n’accorde que peu d’intérêt à la culture et l’art. Les artistes, écrivains, artistes et créateurs sont comme « interdits » dans nos lycées et universités. Le pouvoir a peur de la Culture et des hommes de culture. L’activité culturelle est devenue élitiste. Tant que les espaces sont fermés, la culture ne pourra jamais s’épanouir. Le développement et l’épanouissement culturel sont aussi « politiques ». Il faut donc une solution politique pour une renaissance culturelle.

À propos B. Nadir

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