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Point de Vue: Une maffia du lait Imaginez–vous !?

Oui, il n’y a pas à se lamenter là-dessus! Une maffia qui se donne le droit de gérer la production et la distribution du lait, une denrée vitale à large consommation, selon ce que lui dictent ses intérêts, ce n’est pas du tout en Algérie, une affaire à faire rougir. Au fait, l’absence de l’Etat, tout au long de deux décennies, vis-à-vis de ses devoirs d’entité morale, ayant comme première obligation d’imposer aux gens tordus, droit et autorité, avait eu comme conséquences logiques une situation de relâchement, presque totale, au point où chacun pourrait faire ce qu’il lui semble bien.. Donc, la mafia du lait n’est, en effet, qu’un segment, dans une multitude de groupuscules maffieux, s’étant propagé, dans les rouages de l’Etat algérien, telle une épidémie ravageuse. Aucun secteur n’a été épargné y compris les affaires religieuses et l’institution du Wakf. Chaque secteur économique ou social possédait en son sein un petit groupe de génies -au fait de démons- en opportunisme, dans les techniques de détournements et dans le trafic. Plus l’Etat de droit réitère son désintéressement, par rapport à la chose publique, plus ces groupuscules vont se sentir en situation confortable. L’histoire de la maffia politico-financière ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, au début des années 1990, quand la grande crise politique commençait à s’annoncer de loin, l’on évoquait déjà, cette «cosa-nostra», bien dissimulée dans les engrenages de l’Etat de l’époque. L’on venait de sortir de l’ère de Chadli et l’Etat gardait, quand même, un brin d’autorité. Il y avait, néanmoins, des lignes rouges à ne pas dépasser, alors que dans l’ère de Bouteflika, les lignes rouges ont été cyniquement transgressées. La corruption se pratiquait, dans une impunité totale, en amont et en aval. C’était, peut-être, le seul pays où la corruption était devenue un droit pour le corrompu et un devoir pour le corrupteur. Rien n’est servi, même le plus élémentaire des droits, sans verser des pots de vin. Le hic et le plus grave, d’ailleurs, c’est que même les instances de l’Etat chargées constitutionnellement, de lutter contre le fléau de la corruption, étaient plongées corps et âme dans l’étang de la corruption. A savoir qu’en Algérie, la corruption s’est enracinée dans la société au point où elle n’était plus considérée comme un mal qui était en train de ronger progressivement le corps de l’Etat.. Lutter contre tous ces réseaux maffieux, se nourrissant aux dépens du peuple, par le trafic, la corruption et le vol, n’est pas une mission, à vrai dire, aisée. C’est une stratégie, soigneusement, élaborée par des citoyens sincères et probes…ne croyez pas les «autres» ; en Algérie, il y a des gens intègres et qualifiés pour une telle mission.

À propos A. BenAbdellah

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