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Pôle & Mic: Quelle presse nous voulons?


La liberté d’expression est une œuvre et non des paroles. Cela fait déjà plus de trente ans que nous n’arrivons pas à concrétiser cette œuvre. On patine et on patauge car la parole n’a jamais été suivie d’actes, juste des promesses. Aujourd’hui, la presse écrite est plus menacée que par le passé. Elle est en crise. Des titres risquent de disparaître. Aujourd’hui, il faudrait définir cette Liberté d’expression. Il n’y a pas que la presse en papier qui risque de disparaître du paysage, la presse électronique est aussi en crise. La presse électronique n’a pas de statut et donc pas de publicité «étatique». L’Etat est le «gros» fournisseur de publicité via l’ANEP. Il est impossible de concevoir une Démocratie sans Liberté d’expression. Un bilan d’activité est plus que nécessaire pour la presse algérienne depuis son existence ou plutôt depuis 2000, soit vers la fin du terrorisme armé. Il faut avouer que le pouvoir d’argent détient la majorité des titres. Des titres pour influencer le lecteur ou pour «gagner» de l’argent grâce à la publicité. De fait, les patrons d’une certaine presse ont tué le «journalisme» de terrain et le journaliste d’investigation. Des titres qui n’ont aucune ligne éditoriale, mais défendant tout ce qui vient du pouvoir. La presse électronique qui manque d’argent, s’est spécialisée dans l’information «courte» et «instantanée» alors que certains sites, sûrement financés par des clans au pouvoir ou des lobbys, s’intéressent aux scandales sans pour autant vérifier les sources ou la véracité de l’information. C’est ce qui a discrédité l’information de ces sites. Le «journaliste» est perdu dans ce paysage. Il est «pauvre» matériellement et ne peut pas exercer son talent. Le pouvoir a bien fait en sorte, avant Bouteflika, que la presse écrite soit sa caisse de résonance. Pire avec Bouteflika et tous les scandales financiers ont fermé les sources d’information. Le responsable n’est pas tenu à informer ou à « répondre » au journaliste et encore moins à lui faciliter le travail. Des institutions refusent, par exemple, de délivrer la liste des bénéficiaires des associations de subventions ou le montant des impôts impayés des sociétés privées «liquidées». Le laxisme protège les responsables qui n’informent pas. De ce fait, le journalisme en Algérie s’est limité aux commentaires de l’information politique ou économique. De facto, les rédactions se sont vidées et se sont appauvries. Quant à la presse de proximité, elle a été laminée. La presse d’ordre culturel est, quant à elle, presque inexistante. Le débat se situe au niveau de quelle presse nous voulons et comment l’organiser avant de se lancer dans la question de l’éthique.



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