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Point de Vue: Erdogan à Alger Pour quel motif?

Le président turc Tayeb Erdogan, nous rend une visite officielle. Elle sera consacrée comme, c’est indiqué, dans le communiqué officiel et avec une langue très boisée, intrinsèque aux gens de la politique, aux affaires d’intérêts communs. Mais au fait, quels sont ces intérêts communs? La visite du président turc en Algérie pourrait avoir un ordre du jour condensé. Mais, à notre avis, le thème essentiel va être, sans nul doute, la question libyenne. Et cette question, purement africaine et arabe, était devenue suite à un concours de circonstances une préoccupation majeure de la politique turque régionale. En effet, la Turquie est en train de se donner un rôle primordial dans les événements qui secouent la région, en commençant par la Syrie où elle est devenue le protecteur des sunnites en butte à une campagne d’extermination par le régime en place et la protection de ses alliés russes et Iraniens. Le régime Turc, en plus de sa qualité d’Etat sunnite fort dans la région et puisant dans son passé glorieux d’empire hégémonique sur les nations musulmanes de la région. Qui ne se souvient pas, parmi nous, du très prestigieux empire Ottoman? En plus, il s’efforce depuis un certain temps, de rompre définitivement avec l’héritage excessivement laïc et pro-occidental d’Atatürk, en se repositionnant avec une présence respectable sur l’échiquier arabo-musulman. Quand le gouvernement des frères musulmans à Tripoli et son chef Faiz Sarraj – d’ailleurs, lui aussi d’origine turque, avait senti un danger imminent en provenance de Haftar, un chef de guerre manipulé et entretenu par les EAU, l’Egypte et l’A.Saoudite. Il a fait appel à une intervention turque dans le pays… Les options de l’Algérie sur ce qui se passe en Libye sont claires, ses positions pourraient se résumaient ainsi: interdiction de toute ingérence étrangère dans les affaires libyennes intérieures. Les libyens sont assez mûrs pour s’occuper de leurs affaires internes et aboutir à des compromis politiques, garantissant les intérêts de chaque partie en conflit. L’on savait, d’amblée que chaque fois que des puissances étrangères s’ingéraient dans un conflit, il ne fallait pas attendre une solution dans l’immédiat. Les égyptiens soutiennent Haftar, ce n’est certes pas pour ses beaux yeux, mais parce qu’ils refusent catégoriquement l’installation d’un gouvernement des frères musulmans dans un Etat voisin et frontalier. Le gouvernement turc soutenu par le Qatar voulait prendre de court la coalition adverse. Et voilà, la crise et voilà le tunnel sans bout!! Pour les pays occidentaux, c’est le pétrole qui doit couler à flot qui les intéresse le plus. La diplomatie algérienne est très consciente de cette situation complexe et ses efforts vont, certainement, se concentrer dans ce sens. Le sens qui encouragera les libyens à trouver les solutions à leurs problèmes loin des influences étrangères. Et, c’est pour ça, d’ailleurs, que l’Algérie a proposé, lors de la dernière conférence de Berlin d’abriter une réunion de « réconciliation » dans les parties en conflit en Libye.

À propos A. BenAbdellah

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