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Hirak – Pouvoir : La médiation du CNDH est-elle possible?

Le Conseil national des Droits de l’Homme tend les bras à tous les Algériens. Il veut réussir la passe de deux. Il entend s’impliquer dans le bras de fer opposant le mouvement populaire du 22 février aux autorités actuelles de l’Etat. Mais pour peu qu’on lui fasse appel. A-t-il les capacités de lancer cette médiation inédite? Ira-t-il jusqu’au bout du tunnel? Il est vrai que moins de deux jours de la fin de la grève des magistrats dont l’épilogue est attribué pour beaucoup à la médiation du Conseil national des Droits de l’Homme, les ambitions des uns et des autres grandissent contre vents et marées. Voilà que le Conseil national des Droits de l’Homme ne s’en cache pas et passe à la vitesse supérieure. Il se dit prêt à endosser un rôle « plus déterminant » en faveur d’une solution entre le pouvoir en place et certaines ONG qui s’autoproclament porte-parole du mouvement populaire. Un conflit pour le moins sensible pour convaincre les voix discordantes du Hirak malgré certaines voix officielles ou du peuple qui considèrent qu’il n’y pas d’autre issue à la crise politique actuelle qui dure depuis neuf mois en Algérie, que celle de la tenue des élections présidentielles dans les délais impartis. Le CNDH affûte ses armes pour tenter de désamorcer ce conflit qui perdure en dépit des promesses d’un scrutin crédible démocratique et transparent. Presque tous les ingrédients semblent en effet réunis pour la réussite de ce « premier » rendez-vous présidentiel démocratique du « post Hirak ». Le secrétaire général du CNDH, Abdelouahab Merdjana, est optimiste. Il dit que son Conseil est disposé à écouter les revendications d’un mouvement populaire certes en net recul les derniers vendredis à la faveur des garanties offertes par l’Etat et dont on citera la plus en vue qui n’est autre que la création de l’Autorité indépendante de surveillance des élections présidentielles à côté de l’intensification des poursuites judiciaires à l’encontre des coupables de corruption. Le Conseil des Droits de l’Homme relève qu’il peut être un « espace idoine » pour pouvoir déboucher sur un compromis dans les revendications du Hirak. «Le CNDH peut être l’espace idoine, nous écouterons toutes les voix mêmes discordantes du Hirak». Il se dit même prêt à engager sa médiation mais souligne toutefois qu’il n’était pas resté absent. Au lendemain de sa médiation «réussie» et inédite à l’effet de mettre fin au conflit, pour le moins très sensible, opposant les magistrats au ministère de la Justice, le Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH), passe à une autre étape et se dit prêt à jouer son rôle de médiateur dans d’autres conflits, aussi déterminants, en évoquant les ONG et autres représentants du mouvement populaire du 22 février avec les autorités actuelles de l’Etat. Par la voix de son secrétaire général, M. Abdelouahab Merdjana, qui s’exprimait ce matin à l’émission « L’invité de la rédaction de la Radio algérienne », le CNDH affirme avoir déjà lancé des appels à ce sujet en direction de tous, notamment les ONG qui participent depuis le 22 février à ce mouvement populaire «qu’ils soient nos partenaires». Le rapport de 2018 du Conseil sur les Droits de l’Homme étant achevé, celui de 2019 en cours d’élaboration «n’est focalisé que sur les nouvelles revendications de la rue », souligne l’invité de la Radio avant d’ajouter : «Nous suivons le mouvement populaire depuis son début même on parait absents, mais nous nous documentons sur tout acte tendant à violer les Droits de l’Homme et seront repris dans notre rapport de 2019», dit-il. A la question d’un auditeur de savoir si «les arrestations des manifestants opérées par les forces de sécurité sont des actes isolés ou des atteintes aux Droits de l’Homme, le SG du CNDH répond que le Conseil n’a pas encore été saisi de ces cas, mais «nous suivons de très près la presse et les réseaux sociaux, nous ne sommes pas d’accord sur les arrestations arbitraires». Quant à la possibilité du Conseil de plutôt s’autosaisir sur ces cas, sans attendre d’être saisis, M. Medjana confirme que c’est dans les prérogatives du Conseil de s’autosaisir «parce qu’il est un mécanisme d’alerte précoce, qu’on le fait».

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