Infos
Accueil » Actualité » Le représentant du ministère de la Justice à propos de la grève des magistrats : «C’est une rébellion, une désobéissance»

Le représentant du ministère de la Justice à propos de la grève des magistrats : «C’est une rébellion, une désobéissance»

Seulement voilà, par ce vent de contestation inédit qui s’est emparé des juges et procureurs qui réclament l’indépendance de la justice, quelles suites leur seront réservées sachant que quelques semaines nous séparent de la plus importante élection présidentielle de l’histoire de l’Algérie? Ces magistrats qui refusent de rejoindre leurs nouveaux postes, parlent de l’annulation du changement d’affectation de 3.000 d’entre eux. Cela étant, suite aux décisions d’affectation prises par le Conseil de la magistrature à l’encontre de quelque 3.000 parmi eux, les magistrats ont refusé, depuis le 28 octobre dernier, de rejoindre leurs prétoires. Le représentant ses affaires juridiques au niveau de ministère de la Justice estime qu’il est d’usage que son département opère un «mouvement ordinaire» des juges. Il joint la parole par le chiffre de 1.297 demandes de mutation de magistrats enregistrées par le ministère en 2019. Le ministère de la Justice a réagi suite au mouvement de grève annoncé par les magistrats en rappelant que la loi interdit aux magistrats de recourir à la grève ou d’inciter à celle-ci, ce qui, entrave, selon lui, le travail judiciaire. Par des moments, on pouvait croire que ce mouvement de protestation des magistrats allait s’apaiser pour céder place au dialogue mais il continue à faire couler beaucoup d’encre et faire parler de lui, au moment où le pays vit depuis plus de neuf mois une contestation contre le système en place depuis des années. Ceci dit, après avoir menacé de sévir contre ceux qui refuseraient d’obtempérer à ses décisions, le ministère de la Justice semblait privilégier la voie de la pacification et d’appel à la retenue. Tout compte fait, l’Algérie s’apprête à vivre un tournant décisif de son histoire grâce aux prochaines élections présidentielles du 12 décembre, qualifiées de la «plus transparente» et «la plus crédible» de toutes par les spécialistes . Le ministère de la Justice semble ainsi être revenu à de meilleurs sentiments. Cependant, il constate qu’en dépit des suites positives données aux revendications et préoccupations d’ordre social des magistrats, ces derniers poursuivent leur mouvement de contestation. Le ministère de la Justice vient de hausser le ton. Par la voix de son directeur des affaires juridiques, il a, en effet, considéré que leur mouvement ne s’apparente nullement à une grève. «Nous sommes, dit-il, dans la rébellion, dans la désobéissance», a t-il asséné d’un ton sec et ferme. Il ajoute ne pas comprendre que des juges «garants du respect des lois de la République agissent de la sorte». S’exprimant, dimanche, à l’émission «L’Invité de la rédaction» de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, ce dernier annonce, cependant, que le dialogue «reste ouvert». Il ajoute que la Chancellerie est prête à examiner tous les recours formulés par les magistrats s’estimant lésés. M. Abdelhafid Djarir déclare comprendre «la détresse» dans laquelle ont été placés les magistrats, tout comme la justesse de leurs revendications socioprofessionnelles. En «commun accord», poursuit-il, des solutions seront trouvées entre eux et le ministère.
Celui-ci n’en estime pas moins que ces revendications ne sont pas précises. Toutefois, il explique que lors des discussions avec le syndicat de la magistrature, avaient été mis en avant, autant les aspects salariaux, les conditions de travail que les «questions qui fâchent». Il pointe ce mouvement d’humeur des magistrats. Il rappelle dans ce sens qu’il est d’usage que le ministère opère un mouvement ordinaire des juges. Le représentant du ministère de la Justice observe que beaucoup de magistrats ayant formulé une demande voulaient être mutés dans des villes du nord du pays.

À propos B.H.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*