Infos
Accueil » Actualité » 65ème anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne : Novembre éternel!

65ème anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne : Novembre éternel!

Aujourd’hui, il s’agit aussi de reposer la question du 1er novembre avec un regard autre qu’une simple «nuit de la Toussaint», mais bel et bien comme «une marche historique qui a bouleversé un continent et qui n’a pas fini d’étonner le monde par sa puissance, sa vitalité face à un adversaire désorienté et complètement déréglé » comme le soulignait Mohamed Boudiaf dans «le commencement», écrit à Turquant, en 1961. Si Tayeb El Watani prédisait déjà, qu’« un jour viendra où tous les crimes seront connus et, à ce moment, on oubliera volontiers de parler aussi légèrement du 1er novembre 1954»; ce n’était, nullement, une prémonition légère mais une conviction profonde de l’homme. Une guerre d’indépendance qui «ne doit pas être séparée de l’histoire, de ce qui l’a précédée, en particulier des nombreux mouvements de résistance à la colonisation de l’Algérie qui ont eu lieu avant son déclenchement», notera aussi l’historien Français Gilles Manceron. «Le déclenchement de la lutte armée en Algérie ne retentit pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein», dira Gilbert Meynier historien, et ce, en dépit des assertions officielles françaises qui affectèrent, publiquement, sur le registre du fait divers, d’imputer l’événement à une organisation de malfaiteurs; et/ou, dans le contexte de guerre froide, intriqué avec la méfiance à l’égard des suites politiques de la révolution égyptienne du 23 juillet 1952, elles dénoncèrent la main du Caire, représentée comme n’agissant que sur les directives de Moscou». En novembre 1954, nombre d’observateurs lucides, en France et ailleurs, percevaient bien ce qui était en cause et ce qui se produisait; «au point d’avoir dangereusement mis en cause ses valeurs, son équilibre psychologique et jusqu’à sa cohésion nationale», selon Si Tayeb EL Watani. En effet, une révolution épique, à écho retentissant, à laquelle la France ne s’attendait guère, a emporté la IVe République, en 1958. Cette guerre pour l’émancipation algérienne était une plaie béante pour la France qui dénonçait pourtant «la barbarie nazie, les tortures, les déportations, les exécutions sommaires ». Dans le subconscient général, «il n’était donc pas possible que l’Armée Française ait pu se conduire comme les nazis ; cela ne pouvait être que des exceptions qu’il fallait cacher», témoigne Henri Pouillot, ancien appelé du contingent français, affecté au centre de torture qu’était la Villa Susini à Alger.
Le 1er novembre c’est aussi l’esprit et la lettre qu’il fallait expliquer en mettant à profit des supports écrits et audiovisuels comme complément de la lutte armée dont le FLN avait réussi à renvoyer une image moderniste des aspirations révolutionnaires du peuple algérien. Alimenté ainsi, le pourquoi du 1er novembre était posé, avec acuité, d’abord, par ses instigateurs, une poignée certes, mais résolus qui – après épuisement de tous les moyens antérieurs de lutte et de revendications émancipatrices – avec détermination, avaient bouleversé, par l’action directe, le cours de l’histoire, en s’adressant, en Novembristes, au peuple algérien en ces termes homériques: «A vous qui êtes appelés à nous juger…». A cet égard, la proclamation du 1er Novembre 1954, document politique fondamental de la Révolution Algérienne, parmi les plus étudiés par les historiens, – n’ayant pas justement fait fi du mouvement national depuis la création de l’étoile Nord-Africaine – était l’émanation directe des évènements de 1945 avec qui le lien était tellement étroit qu’il mérite d’être souligné, mais à la différence que le peuple algérien qui y a manifesté alors, croyait encore en la possibilité de recouvrer ses droits par des moyens pacifiques. « Instruit par son premier échec, à ne plus commettre d’erreurs et à utiliser les moyens adéquats capables de faire face à la force qu’on lui a toujours opposée » – notait Boudiaf, architecte du 1er Novembre – un authentique sursaut populaire héroïque et salvateur engendra une date, une révolution libératrice, essaimée à travers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résistance pour les peuples opprimés. En ces temps de crise que traverse l’Algérie, le 1er novembre est une halte historique pour le mouvement populaire né le 22 février dernier et une source d’inspiration pour restituer l’esprit de novembre, relancer le débat et évoquer le consensus. Soixante cinq années après, il convient de combattre l’oubli, rendre hommage aux initiateurs, concepteurs et nombreux anonymes qui ont fait la réussite de cet événement, perpétuer le sens de l’honneur et du sacrifice auprès des générations post indépendance et projeter l’Algérie dans son avenir à construire par tous et toutes et avec toutes et tous, avec les différences, l’Algérie démocratique et sociale, tel que c’est écrit dans la déclaration de novembre de 1954.

À propos Hocine Smaâli

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*