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Endettement extérieur : «Une solution temporaire»

L’endettement extérieur est-il réellement une «option à risques» pour l’Algérie ? Longtemps objet de convoitise des entreprises étatiques pour faire face à une conjoncture économique des plus endémiques, il est aujourd’hui une réalité incontournable. Reporté maintes fois en raison de ses incidences sur le plan de l’endettement, le recours à cette formule de financement non conventionnel de l’économie est une nouvelle fois, perçue comme la «baguette magique» voire une «mesure urgente». Une sorte de «dernière solution» à la manne financière du pays. Même si dans le projet de Loi des finances 2020, il y est largement spécifié, il reste tout de même que cette formule suppose un financement «multilatéral» des projets d’équipements et non bilatéral à partir d’institutions bancaires ou financières internationales. Un expert international pense que si l’Algérie opte pour un endettement extérieur via le marché des capitaux et non pas un financement bilatéral ou multilatéral, le coût risque d’être élevé à cause de l’instabilité politique. Le déficit budgétaire de l’Algérie, qui a atteint maintenant des milliards de dollars, utilise la dette extérieure, qui n’est plus un «tabou». L’ancien chef de la dette extérieure de la Banque d’Algérie, Rashid Sekak, estime que cela ne peut être qu’un «moyen temporaire et une solution partielle» au déficit budgétaire national, qui ne s’accroîtra que si des mesures urgentes ne sont pas prises pour corriger progressivement la situation. Le déficit budgétaire actuel ne permet pas en effet de financer certains projets dont le coût est excessif. A cela s’ajoute sans doute le niveau des dépenses publique qui s’accroît depuis au moins cinq années. En plus, les récentes augmentations des allocations de solidarité (3000 da à 10.000 da pour les personnes handicapées à compter du 1er octobre et 3000 da à 5000 da pour les personnes scolarisées issues de familles pauvres) ne sont pas sans conséquences sur le budget de l’Etat. Il est admis que le pays continuera à fonctionner «au dessus de ses capacités «mais jusqu’à quand ? Faut-il alors agir et très vite ou attendre un redressement utopique des taxes pétrolières ? Le gouvernement ne veut pas prendre des risques. Il prépare la Loi de finances. 2020. Il a, d’ici fin décembre 2019, la possibilité d’opter pour l’endettement extérieur. Dans sa déclaration à la radio, l’invité de la Radio Chaîne 3 a déclaré que «nous sommes un pays qui vit bien au-delà de ses possibilités». Lorsque le déficit a commencé à se sentir en 2013-2014 en raison de l’effondrement des taxes pétrolières, un niveau élevé de dépenses publiques est resté. Ils représentent alors 15% du PIB, alors que les pays européens ne peuvent pas dépasser 3%. En passant, il nous a rappelé que les fonds de contrôle du revenu, c’est-à-dire le livre d’épargne d’une famille, sont vidés en moins de 18 mois, parce que nous préférons continuer au-delà de nos capacités. Plus optimiste, a-t-il dit, « nous avons encore de la chance, nous avons assez de réserves de change, nous garderons encore trois ou quatre ans dans l’équilibre extérieur, mais au niveau budgétaire, il est urgent d’agir». Quelles seront ces mesures ? «Il n’y a pas de miracle», dit-il. «En ce qui concerne une famille, vous devez choisir entre augmenter votre revenu ou réduire vos dépenses», ou les deux. Pour les radiodiffuseurs, nous devons d’abord définir rapidement une voie budgétaire très claire, mettre en œuvre des réformes structurelles et développer les capacités futures. Rachid Sekak a déclaré: «Avec le déficit de la balance des paiements de 20 milliards de dollars par an, un court laps de temps sera très difficile à gérer, mais je suis toujours convaincu que si nous parvenons à résoudre l’équation politique le plus rapidement possible, il est tout à fait possible d’établir un plan de relance économique de cinq à sept ans».

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