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Persistance de certaines maladies transmissibles : Les communes au box des accusés

Les maladies transmissibles sont-elles réellement ré-émergentes  ou s’agit-il seulement d’un qualificatif trompeur ? Encore et hélas, parent pauvre des campagnes préventives, les maladies transmissibles constituent toujours la grande phobie des «épidémiologues». Eradiquées par le passé, dénotent-elles, aujourd’hui, les limites du système préventif de la santé? Les maladies infectieuses de l’enfant, les maladies à transmission hydrique (MTH) et les zoonoses principalement effectuent leur baptême dans certaines communes. Plus que cela, il s’agit de la persistance pour certaines de ces maladies malgré toutes les campagnes menées tambour battant de sensibilisation et de prévention à longueur de l’année. Parler encore et davantage de risque de choléra, de diphtérie ou de certaines zoonoses qu’on croyait pourtant révolues, n’est-il pas intolérable ? Il est temps de réagir et très vite ! Le système de Santé tel qu’il est actuellement, est-il pour autant capable de lutter contre ces maladies ré-émergentes ? Est-il pour ainsi dire suffisamment fiable? Dans ce cas de figure, que faut-il faire? Et quels moyens de les éradiquer? Les spécialistes en épidémiologie et en maladies transmissibles se montrent vraisemblablement inquiets mais optimistes. Les communes sont mises à l’index au sujet de certaines carences relevées en matière d’observation des règles d’hygiène en milieu urbain ou scolaire. Ainsi pour le spécialiste des maladies transmissibles, le Dr Djamal Fourar, la prévention et la sensibilisation figurent parmi les priorités de l’Etat, réaffirmées, appuie-t-il, par la loi sanitaire adoptée en 2018. S’exprimant mardi, à l’émission «l’Invité de la rédaction» de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le directeur de la prévention au ministère de la Santé assure que la situation épidémiologique en Algérie se caractérise par un net recul. Un aveu au demeurant plein de sens eu égard, considère-t-il à « l’élimination» de certaines maladies transmissibles. La persistance de certaines parmi elles restant, d’après lui, liée à un déficit d’hygiène du milieu. Pour lui, le défi est représenté par des pathologies émergentes ou ré-émergentes, à l’exemple de la diphtérie, du botulisme, la peste, la grippe H1N1, auxquelles il ajoute la menace que constituent le coronavirus, la fièvre d’Ebola, la Dengue ou encore le virus Chikungunya. Pour lui la sonnette d’alarme doit être tirée. Le système national de prévention était-il suffisamment fiable contre ces types de menace ? Il va sans dire que l’eau, ce vecteur de transmission par excellence des maladies infectieuses, est souvent la cause principale de la persistance des maladies transmissibles. Cela doit interpeller le rôle dans les communes et particulièrement celui des bureaux d’hygiène communaux pour ce qui est notamment des actions de contrôle de la qualité de l’eau distribuée par des colporteurs et celles émanant des sources. Pour le Dr Fourar, la démarche du ministère de la Santé est basée sur 26 programmes multisectoriels coordonnés de prévention, pour, dit-il, atteindre les objectifs liés à leur «élimination ou leur contrôle». L’invité explique qu’un certain nombre de maladies, notamment d’origine hydrique, résulte souvent d’un laisser-aller d’entités communales, lesquelles n’assureraient pas convenablement l’assainissement du milieu dont ils ont la charge. Il cite également les morts d’hommes constatées, chaque année, dans les régions du sud algérien des suites de l’absence d’action de lutte permanente que devraient engager régulièrement ces dernières pour endiguer la prolifération de scorpions. Commentant, par ailleurs, l’apparition relativement du moustique tigre en Algérie, «qui a envahi les cinq continents» à partir de l’Asie du sud-est, l’invité, tout en reconnaissant que le pays «n’est pas à l’abri», rassure sur l’absence de risque de maladies à l’exemple de la Dengue ou du Chikungunya.

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