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Pétrole et hydrocarbures : Une loi qui alimente la polémique !

Pourquoi remettre au goût du jour le dossier des hydrocarbures dans un contexte laminé par le Hirak et la forte contestation sociale qui coïncide avec les futures joutes électorales du 12 décembre prochain? Faut-il voter ou ne pas voter la loi relative aux hydrocarbures qui, selon des experts, va dans le sens d’un vrai bradage de notre pétrole? Pour rappel, le PT avait appelé au boycott de cette loi qui devait être adoptée au temps de Chakib Khelil, ex-ministre de l’Energie, si ce n’est la volte-face de l’ex-président Bouteflika. Après les appels aux pieds lancés par nos experts, ce dossier revient sur la table de nouveau pour décider ou pas de vendre la dernière goutte de notre pétrole alors que des milliards de dollars dorment dans les comptes des oligarques pourris et autres politicards algériens corrompus en détention préventive ou en fuite. La population oranaise s’est réveillée, hier, en un mouvement calme pacifiste et revendicateur et qui s’est dirigé vers le siège de Sonatrach. Depuis l’annonce de la révision de la loi sur les hydrocarbures et la déclaration, hier, du ministre de l’Energie quant au recours à l’importation du gaz, rien ne va plus. «Le gaz de schiste, on ne va pas le pomper aujourd’hui mais à échéance très lointaine allant à l’horizon 2040». Cette affirmation, pour rappel, avait jeté un froid chez les Algériens et des financiers algériens qui s’interrogeaient sur une telle affirmation. Pour l’initiateur des amendements apportés à la loi sur les hydrocarbures et adoptées par les 02 Chambres parlementaires, celle-ci est une nécessité pour booster le marché algérien surtout en matière d’investissement avec évidement le maintien de la règle 49 /51, selon Youcef Youcefi, ex-ministre, actuellement sous mandat de dépôt. «Mais comment se fera l’exploitation», s’interrogeaient les experts financiers ? Les amendements proposés alors au projet de loi sur les hydrocarbures après la vague de contestations qu’a soulevée son projet de privatisation, reviennent aujourd’hui sous les feux de la rampe.
L’opinion nationale, sur le qui-vive, souhaite et interpelle l’initiateur du projet à plus de prudence. Youcef Yousfi avait affirmé lors de la présentation du dossier d’amendement sur les hydrocarbures devant les 02 Chambres parlementaires, que l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sera conditionnée au respect de l’environnement. Cette exploitation ne peut se faire que dans le strict respect de la réglementation en matière de protection des aquifères et de l’environnement. La précédente loi et même certains aspects du nouvel amendement, incarnent le patriotisme économique tant défendu par l’Etat. L’ex-Premier ministre Ouyahia en mandat de dépôt avait souligné, signalons-le, lors de la dernière réunion avec les représentants du patronat et de la Centrale syndicale UGTA », cet impératif. Globalement, le projet de loi modifiant et complétant la loi 05-07 du 28 avril 2005 relative aux hydrocarbures a été présenté, si l’on croit les propos de ces initiateurs comme étant en filigrane une bouée de sauvetage pour le secteur qui est la principale richesse du pays puisque, selon l’ex-ministre, elle faciliterait davantage les investissements, notamment étrangers, dans l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures, introduisant de nouveaux avantages fiscaux et fixant les grandes lignes de l’exploration et l’exploitation des énergies non conventionnelles.
La priorité revient à la satisfaction des besoins en hydrocarbures liquides et gazeux du marché national, notamment à travers un dispositif obligeant les contractants à céder au prix international une partie de leur production. En optant pour la formule de «correction de la loi Khelil», la tutelle se disait optée pour une flexibilité relative et un allégement fiscal qui encouragera les IDE. Si la règle sur les investissements est maintenue alors comment se feront ces investissements en matière d’hydrocarbures si le recours à la révision puis à la privatisation de la loi venait à être concrétisé? Autrement dit, ira-t-on vers la privatisation du secteur des hydrocarbures ?

À propos Nadira FOUDAD

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