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Emigration clandestine : La face cachée du drame

Chez nous, en Algérie, nous connaissons tous le dramatique du fléau de la Harga. Une tragédie qui ne dit pas son nom car ses conséquences sont désastreuses à plusieurs niveaux. Cependant, ce drame qui sévit dans le milieu de la jeunesse algérienne, a une autre face cachée. Après celle des mineurs, des femmes, des vieux, ce sont aussi des enfants en bas âge. La semaine dernière, le jeune enfant  »Aymen » est mort noyé avant même de toucher la côte. Un exemple qui illustre bien la suite. Vu par la presse espagnole de l’autre côté de la rive méditerranéenne, le fléau de l’émigration clandestine des Algériens revêt une autre facette occultée pour l’ensemble des citoyens algériens. Selon le quotidien  »La Verdad », organe de presse écrite de la Communauté Valencienne, les prix de passage jusqu’aux côtes sud de la péninsule ibérique varie selon le niveau de sécurité des embarcations utilisées qui va de la barque à moteur hors bord jusqu’à des semi rigides de 02 moteurs d’une puissance de 200 chevaux chacun. D’après le même quotidien dans ce négoce de la mort, il y a aussi la classe VIP. Faut-il noter que dans certains cas, les possibilités d’arriver à bon port avec une sécurité totale ou au moins pouvoir être secouru en plein mer en cas de problèmes, varient beaucoup. Toujours dans le même contexte, la revue hebdomadaire  »La Portada » corrobore ce type d’information en estimant que selon le degré de sécurité des embarcations qui sont fournies pour la traversée, les Algériens candidats à l’émigration par cette voie, quasi sans exception, sont divisés en plusieurs catégories et paient aux réseaux mafieux entre 1.000 à 4.000 euros. Ces constatations ont été faites par des commissions créées par l’UE pour enquêter sur le phénomène et chargées de mettre un frein aux vagues successives de  »pateras » qui déversent sur la Costa Blanca et la Costa Calida de la région de Murcie. Le même organe de presse explique aussi que des chalutiers algériens autorisés à faire des réparations dans les chantiers navals espagnols ont servi à débarquer des jeunes clandestins sur la côte de la Costa Blanca et celle de Almeria. Le quotidien espagnol ABC rapporte que plusieurs réseaux de passeurs de jeunes Algériens ont été démantelés dans les régions de Aragon et de Navarra. Des ressortissants algériens qui s’adonnaient à l’organisation de l’émigration clandestine avec des contacts structurés et surtout financés à partir de la péninsule. L’organe numérique  »El Debate.es » journal de l’île de Ibiza révèle que le négoce de l’émigration est très lucratif pour les réseaux mafieux existant de chaque côté du bassin. Car selon l’article digital sur la problématique, la route de la Méditerranée a connu un mouvement de plus de 5.375.000 clandestins annuellement pour un montant d’un demi million de dollars. D’après les informations apportées en juin dernier par  »United Office on Drugs and Crime(UNODC) que 2,5 millions d’émigrés clandestins sont passés par les mains des réseaux mafieux, ce qui a généré des gains de plusieurs millions de USD. Cette organisation accorde également que 50% de ce négoce, est focalisée en Méditerranée. A travers ses études, l’ONODUC estime que plus de 34.000 mineurs non accompagnés, provenant des côtes sud du bassin, ont foulé le sol européen dont la majorité atterrit sur les côtes espagnoles. Ces chiffres sont très révélateurs du drame, vu d’ailleurs, sonne l’alarme chez le commun des mortels et doit faire bouger les lignes chez les décideurs de ce pays.

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