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90% de projets sont érigés dans des zones non-constructibles : Alger est-elle réellement en danger ?

Le débat sur les risques majeurs revient. La question cruciale relative aux aménagements et à la construction de projets dans les zones non urbanisables ne cesse de faire monter en puissance les analyses d’experts et de sismologues. Dés lors que ressurgit au grand jour l’épineux point de la constructibilité sur des terrains non constructibles ou non urbanisables. Il est évident que les risques majeurs, dans l’ensemble, ont conduit les pouvoirs publics à adopter une nouvelle stratégie afin d’y faire face au moment opportun. L’une de mesures prises a été de réviser les Plans Directeurs d’aménagements urbains (PDAU) des communes et des wilayss et les Plans d’occupation des sols (POS). Mais la plus spectaculaire, sans doute, a été l’adoption en grandes pompes de la loi 04/ 20 le 25 décembre 2004 votée par les deux chambres du Parlement une année après la catastrophe de Boumerdès. Cette loi définit les risques majeurs et les moyens de prévention et la gestion de leurs risques. Seulement voilà, selon les spécialistes, aucun texte d’aplication n’aurait été promulgué depuis pour accompagner cette loi. Un risque qui se comprend par la potentialité d’apparition se distingue par rapport à la catastrophe elle même. Pour le risque, il existe des plans d’«urgence» en Algérie comme le «Plan Orsec» comme ailleurs dans le monde. Ce Plan est préventif. Qu’en sera t-il en cas d’une catastrophe réelle? Ce fut alors la course contre la montre dans le cadre de la prévention et la gestion des risques majeurs. C’est dire que les lois existent bel et bien mais qu’en est il de l’accompagnement? Qui se souvient du séisme de Boumerdès? La secousse survenue le 21 Mai 2003 avait provoqué un grand émoi. Hasard de calendrier? Elle est intervenue deux années après les inondations de Bab El Oued. Elle avait bouleversé la vie quotidienne des riverains. Le choc, rappelons-le, d’une magnitude de 6,8 avait fait 2266 morts, 10.261 blessés et 200.000 sans abris. C’était le séisme le plus violent, à cette époque, depuis vingt années après celui d’Asnam (plus de 2600) pourtant d’une magnitude supérieure soit 7,1. Cependant, faudrait-il pour autant s’en alarmer? Un spécialiste n’hésite pas de s’interroger: «Alger est-elle réellement menacée?». Il va sans dire que la problématique est de savoir comment réagirait au fait une ville algérienne d’une sismité vulnérable comme la capitale en cas d’un choc ou un risque majeur sachant selon un spécialiste que les leçons et les expériences passées, n’ont pas été retenues malgré les campagnes tambour battant de sensibilisation et les lois ? Le Professeur Abdelkrim Chelghoum, président du Club des risques majeures pousse le réfléxion plus loin. Pour lui, «un séisme de 7 sur l’ échelle de Richter pourrait dévaster la capitale. Le professeur est revenu à la charge. Il veut alerter sur les conséquences désastreuses que pourraient provoquer une éventuelle catastrophe naturelle. Il prévient qu’un séisme de 7 sur l’échelle de Richter «pourrait dévaster la capitale». S’exprimant, ce mardi, dans l’émission L’lnvité de la rédaction de la radio Chaine 3, il en veut pour preuve les quelques 90% de projets immobiliers érigés sur des sols non-constructibles. «De nombreux projets, notamment à Alger, ont, explique-t-il, été bâtis sur des lits d’oueds. «Alors comment voulez-vous, s’est-il interrogé, qu’ils puissent absorber une secousse sismique importante ?». Il rappelle que «la Loi 04/20, adoptée à ce propos en 2004, a pourtant prohibé ces types de procédés». Pointant du doigt l’insouciance des pouvoir public et leur ignorance de ces risques, lesquels, relève-t-il, ne cessent de faire des victimes et d’occasionner «d’énormes pertes matérielles», l’intervenant déplore la non application de cette loi «restée lettre morte». Il rappelle que «cette loi avait été adoptée à la suite des inondations de Bab el Oued, survenues en 2001», lesquelles, selon lui, avaient entraînées plus d’un milliers de morts et des centaines de blessés ainsi que du séisme qui, en 2003, avait ravagé, la wilaya de Boumerdes». Il précise qu’elle prévoi, en outre, des dispositifs de prévention, de surveillance et d’alerte basés sur un strict respect des normes de construction. Quinze années plus tard, commente avec amertume le Professeur Chelghoum, les textes contenus dans cette loi sont restés lettre morte.

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