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1 922 cas d’agressions physiques et 27 909 agressions verbales contre les personnels de santé : Un phénomène qui prend une grave ampleur

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui a décidé de réagir. Dorénavant, le dépôt de plainte contres les auteurs de ces agressions sera un recours légal privilégié en tout état de cause. Les professionnels de la santé «victimes» de ces agressions, ne badineront plus avec la loi. Le ministre a fait état d’une série de mesures « d’urgence » prises pour faire face au phénomène des agressions contre les personnels des établissements de santé. Les chiffres sont à ce titre spectaculaires. Un phénomène à la tendance haussière ces dernières années et particulièrement depuis le 1e semestre de 2019 en raison de la conjoncture délicate que vit le pays depuis quelques mois déjà. Pour preuve, ce phénomène a enregistré une hausse « effrayante » avec 1922 cas d’agressions physiques et 27909 agressions verbales enregistrées au cours du premier semestre de l’année 2019 au niveau national. Ces mesures portent beaucoup plus sur l’aspect organisationnel et préventif comme entre autres. l’organisation des services accueillant les patients et leurs accompagnateurs, la formation des agents de sécurité au niveau de ces établissements et des instructions données aux responsables des établissements relevant du secteur en vue d’ester en justice les auteurs de ces actes. Le premier responsable du secteur de la santé se dit « consterné » par l’évolution alarmante du phénomène. Il rappelle que «  »626 affaires judiciaires avaient été engagées par les établissements contre les auteurs d’agressions sur le personnel du secteur ou de la dégradation des biens publics ». Dans le même sillage, le ministre a condamné toute forme de violence qui est « un comportement étranger à la société algérienne », qui prend pour cible les personnels de la santé, et ce que ce soit des agressions corporelles, verbales ou morales, notamment au niveau des urgences médicales et lors de la permanence de nuit. Par ailleurs, M. Miraoui s’est interrogé sur la différence dans le comportement des citoyens dans les secteurs, public et privé, ajoutant qu’au moment où les accompagnateurs du patient agressent pour les raisons les plus simples les employés du secteur public en dépit des soins gratuits qui leur sont prodigués, cette même catégorie de citoyens « se comporte correctement au niveau du secteur privé ». Il a appelé à ce propos à « faire des études sociologiques en vue de connaître les raisons derrière cette différence ». Le ministre a affirmé aussi que son département « veille au renforcement des unités d’urgences médicales d’agents de sécurité en nombre suffisant, à l’amélioration de l’accueil, tout en humanisant le service au niveau des établissements de la santé ». Miraoui a instruit également les directeurs et les gestionnaires des établissements sous tutelle pour « ester en justice toute personne osant commettre des actes de violence quel qu’en soit le motif », appelant les responsables à « constituer obligatoirement l’administration en tant que partie civile impliquée dans tout incident produit à l’intérieur des établissements de santé ». Dans la même optique, M. Miraoui a annoncé « la formation des agents de sécurité par le secteur et l’installation élargie des équipements de surveillance au niveau des établissements de santé notamment dans les services d’urgences, outre la consécration d’espaces d’attente pour les accompagnateurs de malades de façon qu’ils soient isolés des salles de soins et des salles d’attente réservées aux malades ». « Le ministère œuvre au renforcement des équipes d’urgences et des services de permanence pour détendre la situation dont souffrent plusieurs établissements, de même qu’il veille à la réception accélérée des services d’urgences en cours de réalisation pour atténuer la charge constatée dans certaines structures », a-t-il souligné. Plus explicite, le ministre a mis l’accent sur « l’impératif de poursuivre les efforts afin de mettre en service 24h/24h les polycliniques, et sensibiliser les citoyens à la nécessité d’y recourir notamment lorsqu’il s’agit de soins de premier degré ». Le premier responsable du secteur de la Santé a fait état, par ailleurs, « d’un projet en cours d’évaluation portant sur la possibilité de recourir à la signature de conventions avec des entreprises de gardiennage compétentes conformément à la loi ». Dans une approche pragmatique de gestion des préoccupations des citoyens, le Département de la Santé a exhorté l’ensemble des superviseurs des établissements sous tutelle à ouvrir des pages sur les réseaux sociaux devant constituer une plateforme. Les citoyens pourront y trouver des espaces complets d’expression en toute liberté de leurs doléances. Ce qui permettra de relever les lacunes, les étudier au niveau de l’administration centrale » et enfin les résoudre. S’agissant de la coordination de l’action avec les dispositifs de la sécurité, M. Miraoui a mis en évidence l’impératif de « doubler d’efforts et d’accroître la coopération entre les deux parties », à travers l’installation de centres de police à l’intérieur même des établissements de santé et l’intensification des patrouilles des unités de la Gendarmerie nationale au niveau des cliniques situées en dehors des régions urbaines ».

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