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Syndicat national des magistrats : Le président dénonce la justice de l’ombre

C’est lui qui rend des verdicts et autres décisions pour préserver les droits sociaux économiques et politiques des justiciables. C’est lui qui restitue aux victimes «lésées» leurs droits, détermine les préjudices et évalue les dédommagements aussi bien matériels que moraux. C’est lui qui surveille les urnes et avalise ou rejette les procès verbaux des bureaux de vote durant les opérations électorales. C’est une pièce maîtresse dans la vie sociopolitique du citoyen. Ces droits, autrement dit, émanent de la légitimité du peuple. Pour cela, une lutte intense doit être menée contre le phénomène de la corruption. L’objectif n’est autre que renforcer l’Etat de droit. Le président du Syndicat national des magistrats (SNM), Issaâd Mabrouk est monté au créneau en cette période sociopolitique nettement cruciale que traverse le pays qui s’apprête à vivre un « tournant » avec la tenue de la présidentielle le 12 décembre prochain. Il préconise une « lutte sans merci » contre la corruption qui a gangrené, à plusieurs échelles, plusieurs secteurs stratégiques de la vie du pays. M Mabrouk estime que l’indépendance de la Justice exige des magistrats une « conviction » d’émettre des jugements sans pressions et en toute souveraineté. Il a affirmé, vendredi à Koléa (Tipaza), la nécessité de lutter « sans merci » contre la corruption, le peuple étant appelé à exercer « sa légitimité à travers des élections régulières ». Le président du SNM dénonce « la justice de l’ombre ». M Mabrouk intervenait à l’ouverture des travaux de la 1ere Session ordinaire du SNM à l’Ecole supérieure de la Magistrature de Koléa .M. Mabrouk a précisé que « cette rencontre offre l’opportunité de débattre du sujet de la corruption et de la loi relative à la lutte contre la corruption n° 06-01 dont les dispositions focalisent plutôt sur la prévention que sur le volet coercitif ». « Il faudra mener une lutte sans merci contre la corruption, pas seulement dans le cadre de campagnes conjoncturelles ou de conflit d’intérêts », a-t-il soutenu. Pour M. Mabrouk, le magistrat « est tout autant impliqué dans la vie sociopolitique et émet des verdicts au nom du peuple ». Cependant « la justesse des verdicts requiert une adaptation de la légitimité constitutionnelle et juridique à une légitimé tout aussi importante: la légitimité populaire, le peuple étant la source de tout pouvoir, conformément à l’article 7 de la Constitution ». Il a souligné que le pouvoir du peuple, conformément à l’article 7 de la Constitution, « doit être consacré par des élections régulières ». Il a ajouté que l’indépendance « tant escomptée » de la Justice « exige des magistrats une conviction qu’ils sont souverains dans leurs décisions et verdicts, loin de toute influence étrangère quelle qu’en soit la source ». « Par le passé, le secteur de la Justice a été marqué par une absence de la volonté politique pour consacrer les principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice », ce qui a impacté les performances des magistrats « devenues volatiles, en fonction des exigences de chaque étape, ce qui a induit une instrumentalisation politique de la Justice » et la naissance du phénomène de « Justice de l’ombre », a-t-il ajouté. La première session se tient dans une conjoncture « exceptionnelle » que traverse le pays et les magistrats en particulier à travers un hirak « social historique auquel ont participé les magistrats, avec fierté et courage, partant de leur conviction qu’ils sont enfants de ce peuple », a-t-il dit, soulignant que le magistrat « doit se conformer au principe de légitimité constitutionnelle et juridique pour préserver les droits et les libertés conformément à ses missions constitutionnelles ».

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