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Entreprises des Patrons incarcérés : «Le dégel des comptes bancaires imminent»

Une vraie bouffée d’oxygène pour les entreprises et leurs employés sans salaire depuis plusieurs mois depuis l’incarcération de leurs patrons. Le Premier ministre Noureddine Bédoui avait déclaré que le pouvoir d’achat du citoyen «sera préservé». Des milliers de travailleurs d’entreprises en difficultés financières et dont les gérants sont concernés par les enquêtes judiciaires, attendent la lueur d’espoir. Ces entreprises risquent en effet d’affronter la nouvelle rentrée sociale synonyme de dépenses pour les travailleurs avec des amputations de salaire et de l’incertitude. Seulement voilà, il semble que la nomination des administrateurs pour gérer les affaires courantes de ces entreprises est en soi une véritable prouesse qui est de nature à éviter un effritement social déjà suffisamment fortement ébranlé par la cherté de la vie. Un pas géant a été franchi par l’Etat, décidé plus que jamais de préserver la production et l’avenir des employés contre les aléas. Cette décision mûrement réfléchie par l’autorité judiciaire permet surtout de sauvegarder les intérêts de l’Etat et les contrats des marchés conclus par les entreprises concernées avec leurs partenaires notamment étrangers. La désignation, par l’autorité judiciaire, d’administrateurs indépendants pour gérer les entreprises appartenant aux groupes Haddad, Tahkout et Kouninef, permettra le dégel des comptes bancaires de ces entités « dans les plus brefs délais », a pour sa part indiqué, dimanche, le ministre des Finances, Mohamed Loukal. La nouvelle, il faut le mentionner, va devoir rendre le sourire à des milliers de travailleurs qui n’ont rien à voir avec les poursuites judiciaires déclenchées contre ces gérants et autres responsables concernés par les affaires de corruption. Cela évitera les incidents sur le budget de l’Etat et de la trésorerie de la Caisse de sécurité sociale. Mieux, ces entreprises, mises en difficultés pour cause de poursuites à l’égard de leurs responsables, «seront sauvegardées». En d’autres termes, elles ne seront pas dissoutes contrairement à ce que laissent croire certaines analyses. En proie aux ennuis financiers, le Groupe des médias Haddad a été mis en vente. Rebouh Haddad, le frère d’Ali Haddad, l’ex-président du FEC incarcéré, s’est retiré de l’équipe USMA car ne pouvant pas gérer les comptes gelés de l’entreprise pour payer les joueurs détenteurs du titre de champion d’Algérie en 2018-2019 , qui sont sans salaires depuis au moins 05 mois. L’équipe algéroise risque de ne pas pouvoir effectuer le prochain déplacement en Afrique pour affronter son adversaire à cause des billets et d’autres moyens. Initiée par un comité intersectoriel ad hoc, institué par le Premier ministre et placé auprès du ministre des Finances, cette démarche de sauvegarde des entreprises, dont les patrons sont incarcérés pour des affaires liées à la Justice, « permettra à ces entités de renouer rapidement avec un fonctionnement régulier et continu de leurs activités », a assuré M. Loukal. Le dégel des comptes bancaires permettra le déblocage par les administrateurs des rémunérations des employés non régularisés depuis des mois. A une question de savoir si les salaires non payés des travailleurs de ces entreprises allaient être débloqués, le ministre a répondu que le dégel des comptes bancaires allait systématiquement permettre à ces entreprises de payer les arriérés de salaire. La désignation d’administrateurs indépendants, de statuts d’experts, telle que proposée à la justice par le comité, offrira surtout à ces entités « un appui et un soutien à leur potentiel humain et managérial », a ajouté le ministre. Le ministre a tenu à souligner que «parfois, les gens confondent entre administrateur et liquidateur. Ce dernier est désigné pour liquider une entité avant sa dissolution. Or, le rôle de l’administrateur indépendant est, au contraire, de sauvegarder la société et veiller à réunir les conditions de sa bonne gouvernance », a-t-il expliqué. « Et c’est exactement l’objectif du gouvernement : conforter les assises financières et opérationnelles de ces entités, dans le cadre de la sauvegarde de leurs potentiels de production et d’emplois », a poursuivi le ministre. « En d’autres termes, l’objectif est de leur assurer une viabilité. Certaines d’entre elles, émargeant à la commande publique, jouissent, dans ce cadre, d’un carnet de commandes consistant et ont pour charge également la réalisation de projets industriels structurants pour l’économie nationale, a-t-il fait remarquer. A une autre question pour savoir si l’administrateur indépendant avait, dans ses prérogatives, la possibilité de licencier des travailleurs, le ministre a répondu que « la mission de l’administrateur indépendant est, au contraire, de défendre les intérêts de l’entreprise et des travailleurs ». Le 22 août, le juge enquêteur, saisi des dossiers des sociétés appartenant aux Groupes Haddad, Tahkout et Kouninef, a rendu des ordonnances de désignation de trois administrateurs, experts financiers agréés, pour la gestion de ces sociétés. Le procureur général près la Cour d’Alger avait indiqué que la désignation de ces administrateurs répondait à « un souci d’assurer la pérennité des activités des dites sociétés et de leur permettre de préserver les postes d’emploi et d’honorer leurs engagements envers les tiers ». Ainsi, outre la sauvegarde de dizaines de milliers de postes d’emplois, le dispositif piloté par le ministère des Finances permettra également, soutient le premier argentier du pays, de relancer, dans un cadre « normalisé », les relations bancaires et commerciales avec les correspondants bancaires et partenaires internationaux, dans un climat positif.

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