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63 ans après Congrès de la Soummam: source d’inspiration pour le Hirak

«Il convient de se ressourcer et prendre acte du consensus du congrès de la Soummam pour la libération du pays pour réaliser un consensus pour la libération du peuple», nous dira un animateur du mouvement Hirak qui souhaite que «le combat d’hier soit une leçon d’inspiration pour relever les défis d’aujourd’hui», en appelant lui aussi à un rassemblement dans le même lieu historique. Ainsi, les assises de la Soummam du 20 août 1956, qui ont enfanté la plateforme de la Soummam sont toujours d’actualité pour beaucoup d’acteurs politiques qui mettent en avant «la primauté du politique sur le militaire».
Les adversaires du congrès de la Soummam qui se sont opposés farouchement à ses résolutions ont pesé de leurs poids après l’indépendance en influant sur le cours des événements. Une adversité qui remonte à l’après congrès, où les absents à cette réunion d’Ifri Ouzellaguen se sont opposés à ce rendez-vous de la Soummam dont les principaux opposants sont Ahmed Ben Bella et Ahmed Mehssas, ce qui a provoqué à l’époque une lutte interne entre les chefs du F.L.N, en Tunisie, et ceux de l’intérieure. Un bras de fer et une guerre en sourdine qui a coûté la vie à l’un de ses architectes, Abane Ramdane en l’occurrence, qui a été assassiné par ses frères de combat au Maroc. Selon les acteurs de la révolution Algérienne, les divergences sont d’ordre idéologique. Abane qui pensait déjà, de par le contenu de la plateforme de la Soummam, à une Algérie moderne, dérangeait les partisans de l’arabisme et de l’islamisme, influençaient et guidé même Djamel Abdenasser et Fethi Dib, le chef des services secrets Egyptien.
Aujourd’hui, les adversaires du congrès de la Soummam campent toujours sur leurs positions et font de tout pour oublier ce rendez-vous, contrairement aux fidèles de la plateforme, qui voyaient en cette date, un premier jalon de la naissance de la République, qui continuent encore à se revendiquer haut et fort du document de la Soummam. Le congrès de la Soummam appartient certes à l’histoire, mais pour feu Ait Ahmed «bien au contraire, son défi exemplaire à la fatalité s’impose plus que jamais au présent puisqu’il peut constituer l’une des clefs pour un avenir de justice de liberté et de réconciliation», disait-il à chaque fois que l’occasion lui était donné de parler de cette importante étape de la révolution Algérienne. Pour toujours, la figure charismatique de l’histoire «faire revivre le congrès de la Soummam c’est ouvrir la voie à l’espoir et redonner à la nation algérienne confiance en elle-même. Le miracle qui a pu s’accomplir en pleine guerre de reconquête coloniale, est, aujourd’hui à la portée des Algériens et Algériennes». Ceux qui s’opposent au congrès de la Soummam, pour aussi une question de leadership, se contrarient aujourd’hui par ces jeunes qui convergent vers ce haut lieu de la révolution, sur le lieu même où se sont réunis Abane, Ben M’hidi et autres. Un message cinglant pour ses opposants et une manière de leur dire que le relais de la Soummam et bien pris par ces jeunes fidèles à Abane. Ifri, est donc, pour toujours, ce lieu de convergence politique malgré les querelles partisanes. En ces temps de crise que traverse l’Algérie, le Congrès de la Soummam est une halte historique pour le mouvement Hirak et une source d’inspiration pour restituer l’esprit des assises d’Ifri, relancer le débat et évoquer le consensus, combattre l’oubli, rendre hommage aux initiateurs, concepteurs et nombreux anonymes qui ont fait la réussite de cet événement, perpétuer le sens de l’honneur et du sacrifice auprès des générations post indépendance et projeter l’Algérie dans son avenir à construire par tous avec les différences.

À propos Hocine Smaâli

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