Accueil » Actualité » On croit au dialogue, mais avec des conditions et des principes : La société civile en médiateur?

On croit au dialogue, mais avec des conditions et des principes : La société civile en médiateur?

Ce nouveau rôle n’est autre que celui du «médiateur» entre le pouvoir et le peuple. Ce rôle permet d’unir les visions, y compris celle du pouvoir. L’objectif est de parvenir à une solution consensuelle à la crise. Le Dr Ilyes Merabet rappelle une triste vérité. Il regrette que le peuple ait pu construire ses propres slogans et ses revendications au moment où les organisations et les syndicats ont échoué pour le faire. Il assène une autre vérité. Personne n’est censé détenir à lui seul la baguette magique pour résoudre la crise actuelle à sa façon. Seul le dialogue autour de la même table peut le faire. Il faut s’entendre que cette Dynamique de la société civile regroupe tous les organismes de bonne volonté, des syndicats de masse et des personnalités nationales. Il lui est délégué plutôt un rôle de médiation vu son caractère jusque-là apolitique et du fait qu’elle soit issue directement des franges sociales diverses du peuple. Seulement voilà, une question, une seule : ces Dynamiques sont-elles une alternative après la « crise » que vit le Panel des personnalités qui donnent l’impression de gérer beaucoup plus une « crise » depuis sa naissance que son vrai rôle de médiateur qui lui est voué? Réussira-t-elle dans sa nouvelle mission pour laquelle elle s’est investie ? Reportée la première fois, la rencontre de concertation des Dynamiques de la société civile, retardée, pour le 24 août prochain, à cause d’une histoire d’autorisation, devra néanmoins sceller l’avenir et cimenter les fissures nées de divergences ou d’intérêts. Les acteurs des « Dynamiques » ont organisé une conférence de presse où ils sont revenus sur les attentes et l’objectif de ce rendez-vous. D’emblée, le Dr Lyès Merabet, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA), explique qu’il était «impossible de risquer» de faire venir et inviter les participants à la rencontre, prévue initialement pour hier, à la Safex, «alors que jusqu’à jeudi à 18 heures, on n’avait pas encore obtenu de réponse de l’administration». Une autorisation finalement accordée par la wilaya d’Alger, bizarrement, «le vendredi vers 18 heures». Le Dr Merabet espère que l’autorisation sera remise «à temps» la semaine prochaine. Il a en revanche dénoncé «les pratiques de l’administration qui n’est pas près de changer malgré la nouvelle situation imposée par le Hirak». «Tout a été libéré par le mouvement populaire, l’administration doit à son tour se libérer», a-t-il lancé. Le coordinateur de la CSA rappelle que les dynamiques avaient accompagné le mouvement populaire depuis le début, avant d’arriver à organiser la conférence du 15 juin » .Il explique que l’objectif est «d’élargir et construire un front commun autour d’une vision commune qui constituerait une sortie de crise». Plus que ça, «notre but est de voir comment constituer le médiateur pour réunir tout le monde, car la démarche du pouvoir ne peut pas, à elle seule, être la solution, autant pour les forces de l’alternative démocratique que les forces du changement», a soutenu l’orateur, appelant à «des concessions» de part et d’autre. Lyès Merabet regrette que le peuple ait pu construire son consensus dans la rue à travers les slogans, «alors qu’au niveau de l’élite et des organisations et syndicats, nous ne sommes pas parvenus à nous unir». Dans le même ordre d’idées, Ahmed Ibrahimi de l’association El Baraka, représentant l’une des Dynamiques de la société civile, a expliqué qu’à travers la rencontre du 24 août, «nous voulons être une partie de la solution à la crise». Elle vise, par ailleurs, «à renverser le rapport de force pour faire comprendre au pouvoir que la solution n’est pas seulement entre ses mains», a-t-il ajouté. Il souligne que «personne n’est à même de dire qu’il détient à lui seul la solution». Il affirme que les dynamiques n’ont jamais été contre le dialogue, à condition qu’il s’agisse d’un «dialogue sérieux dont les résultats garantissent les revendications du Hirak, pour arriver à construire un Etat tel que souhaité par les valeureux martyrs». Sur ce dialogue, justement, et à la question de savoir si les Dynamiques allaient accepter une invitation du Panel de Karim Younès le cas échéant, Saïd Salhi de la LADDH répond : «On croit au dialogue, mais avec des conditions et des principes ». Il émet ses critiques sur un dialogue à sens unique». Lyès Merabet va plus loin en faisant allusion aux préalables, en particulier la libération des «prisonniers d’opinion et du Hirak et ceux qui ont été mis en détention pour leurs positions». Il a averti, cependant, contre le «cercle vicieux» de la représentativité et de «qui représente qui ?» concernant les jeunes et les étudiants, en les appelant «à profiter de la rentrée universitaire pour s’organiser et élire des représentants crédibles».

À propos B.H.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*