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Dialogue inclusif et médiation : Une élection présidentielle en 2020?

Le Panel décide de la tenue, fin de cette année, d’une conférence nationale pour parler du vide institutionnel, puisque le départ de l’actuel chef de l’État, AEK Ben Salah, peut plonger le pays dans le chaos à en croire les propos de Karim Younes. Coup de théâtre hier à Alger lors de l’installation des 41 membres par le premier responsable du Panel, Karim Younes, où des jeunes mus par le changement ont fait irruption dans la salle pendant la séance d’installations des conciliateurs. L’incursion des étudiants à la réunion d’installation du comité des sages du Panel a été un coup fatal pour les présents. Ils ont fait irruption dans la salle parce que exclus de cette commission qui a eu à « gonfler » sa composante par des anciens récalcitrants de l’ex-système, selon les propos qu’ils nous ont tenus. Les étudiants marchent et battent le pavé tous les mardis et vendredis pour être partie prenante des centres de décision qui appellent au dialogue. Les Algériens et quelques heures après avoir tenu leur hirak hebdomadaire pour exiger le départ des derniers symboles de l’ex-système Bouteflikien, voilà que le président du Panel vient nous gratifier, à l’issue de l’installation des membres de la commission de conciliation avec des ex-ministres dont l’ex-ministre de la Jeunesse et des sports Mouldi, des anciens du FLN et des membres du parti de Ali Benflis, entre autres, pour ne citer que ceux-là. Craignant la réaction mitigée des Algériens, il annonce, non sans ambages, que les membres choisis ne sont pas issus de l’ex-système qui, signalons-le, s’est pérennisé pendant 20 ans, c’est-à-dire depuis 1999. Une déclaration qui risque de porter préjudice à cette commission dont Karim Younes rassure à sa manière pour atténuer le choc des Algériens, que l’urgence est d’aller vers une élection présidentielle dans les plus brefs délais car l’application des hirakistes des articles 07 et 08 serait impossible selon Karim Younes, qui, toute honte bue, annonce qu’ils ne sont pas les représentants du Hirak, car et selon lui, l’urgence est qu’il faut sortir avec ce qui est advenu être une période de crise avec mandat présidentiel et une nouvelle Constitution législative et qu’on ne peut pas, par contre, aller vers un vide institutionnel en cette rentrée sociale. Ce vide institutionnel est une option brandie tel un leitmotiv pour apaiser les esprits en effervescence. Ceux-ci réfutent la colorisation des revendications des hirakistes et refusent énergiquement la récupération politico- politicienne. Les Algériens, estiment nos interlocuteurs, que nous avons abordés, réfutent les propos de Karim Younes concernant l’inutilité des articles 7 et 8 car selon leurs propos, il ne peut y avoir d’élection présidentielle que si toutes les conditions de sa transparence étaient réunies. Voilà les premières réactions des événements qui ont lieu, hier à Alger pour l’installation de la commission de médiation qui ne s’est pas déroulée sous fonds de confusion et d’opacité totale concernant sa composante. Lors de sa conférence de presse, Ammar Belhimmer, président de la commission politique, a tenté d’apaiser les esprits en effervescence par clarifier la mission des « sages » que l’heure du nihilisme est révolue, puisque le peuple algérien a toujours su pacifiquement régler, lors des différentes étapes, ses différends et ce, depuis la période post-indépendance jusqu’aux événements d’octobre 1988 et l’instauration de l’amnistie par l’ex chef d’État Chadli Bendjedid, dit-il devant ce parterre de journalistes. L’orateur renchérit ensuite que  » nous allons vers une transition risquée » et que la problématique de l’impartialité et la crédibilité constitue le cheval de bataille de la commission et qu’il est important de signaler que les walis sont exclus du déroulement des élections. Pour lui, il est impératif de concilier entre démocratie et liberté puisque le processus démocratique doit préserver les libertés, rétorque-t-il devant les présents dans une ambiance électrifiée et confuse, surtout après l’événement de l’intrusion des étudiants. Le Panel de Karim Younes peut-il se transformer dans la réalité, en organe de transition de fait avec comme objectif une élection présidentielle en avril 2020, s’interroge Me Ziari.

À propos Nadira FOUDAD

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