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Pôle & Mic : Une question d’écoute !

Plusieurs sites algériens sont inaccessibles. Karim Younes, l’homme du dialogue, a dénoncé cette censure. Le pouvoir n’a pas bougé, il fait semblant de ne rien entendre. En Algérie, la question de l’écoute est et restée posée, car nous ne savons pas nous écouter et le pouvoir n’écoute pas la société. Depuis 2012, soit juste après les émeutes du sucre et de l’huile, la classe politique est passée à un nouveau mode de protestation à savoir une revendication pacifique où les marcheurs ou les manifestants ne s’en prennent pas aux symboles de l’Etat et ne cassent rien. Mais en face, le pouvoir a toujours «minimisé» les mouvements sociaux et n’a jamais pensé à mettre en place des cellules d’écoute et de dialogue ou des structures de concertation et ou de dialogue. Pire, le pouvoir et ses relais se sont toujours «moqués» des mouvements de contestation en les considérant comme «insignifiants» à l’image du mouvement Barakat et tant d’autres. Le président Bouteflika ou ses relais n’ont jamais «considéré» l’opposition comme un acteur. Le pouvoir a toujours tenté de casser l’opposition par la manipulation ou autres moyens. Du coup, l’opposition a été laminée. Aujourd’hui, le pouvoir ne trouve pas d’interlocuteurs pour dialoguer. Il tente de trouver des représentants pour dialoguer ou «négocier» sauf qu’il se heurte à la détermination des jeunes et moins jeunes du Hirak. Karim Younes est dans l’embarras puisque ses préalables ont été rejetés par Gaïd Salah. Karim Younes tente de se donner du crédit en continuant à demander l’apaisement de la situation dont libérer les détenus et l’ouverture de l’espace médiatique. Pour l’heure, on ne l’écoute pas. Le pouvoir semble oublier qu’il ne «nargue» pas uniquement l’opposition mais des jeunes qui œuvrent pour une rupture du système. Le plus dramatique, le pouvoir tente de faire croire que le Hirak est « faible » et que les marches du vendredi ne seraient l’œuvre que d’une élite ou d’un groupement où le but n’est autre que de ne pas écouter cette frange. Le pouvoir oublie que la seule force active sur le terrain n’est autre que le Hirak et qu’aucune force n’a, aujourd’hui, la capacité de contrer dans la rue le Hirak. Certes que nous sommes dans l’apprentissage de l’écoute et du dialogue, le pouvoir doit et devra écouter la Rue.

À propos B. Nadir

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