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Tissemsilt : Un Aïd sans sacrifice

L’odeur de l’Aïd El-Adha se fait déjà sentir dans les régions de la wilaya de Tissemsilt et celle de la rentrée scolaire. Comme cela est de coutume, les éleveurs et vendeurs de moutons et de fournitures scolaires trouvent là l’occasion propice pour se remplir les poches, au détriment des bourses modestes. Les familles auront à chercher au fond de leurs poches et tiroirs pour faire face à la rentrée scolaire et à l’achat de Kebch El-Aïd avec toutes les dépenses que cela suppose. Les vendeurs de fournitures scolaires et les maquignons affûtent leurs armes et se frottent les mains en prévision de la cohue. De gros sacrifices seront consentis encore une fois par les ménages à faible revenu. Face à cette hausse des prix, de nombreuses familles ont décidé de ne pas faire le pas cette année. «Je n’ai pas les moyens pour l’achat d’une bête à 60.000 DA», confie un père de famille. Même son de cloche chez les retraités. Accompagné de ses deux fils, un autre père de famille (correspondant de presse) s’est justifié : «Je suis là juste pour regarder les prix, mais je ne pense pas que j’achèterai un mouton cette année». Un véritable dilemme se pose aux chefs de famille à l’approche de cette fête.
Acheter le mouton quitte à s’endetter lesquels attendent cet événement avec joie et une grande impatience. «Je n’arrive pas à fermer l’œil, depuis un certain moment. Moi, c’est durant l’été, avant même la fin du mois de Ramadhan que j’ai commencé à me faire du souci pour l’Aïd El Adha. J’étais sûr que je ne parviendrai pas à assurer un mouton à ma famille. Mon salaire est la seule rentrée financière de ma petite famille. Mes enfants sont trop petits pour m’aider dans les charges. Et puis, il y a leur école. J’ai déjà souffert et fait mille emprunts pour passer dignement aux dépenses du mois de Ramadhan et faire face à la dernière fête de l’Aïd El Fitr. Je n’ai pas encore remboursé ces dettes qu’il faut que j’en fasse encore», se plaint un fonctionnaire et papa de quatre enfants. Des citoyens, pères de famille, contactés dans les rues, appréhendent les obligations qui sont les leurs. « Que faire, acheter le mouton ou les affaires scolaires pour mes 04 enfants scolarisés avec un salaire de 15.000 DA »? Et tout semble indiqué que le nombre de Tissemsiltis qui ne pourront pas fêter l’Aïd El-Adha, faute de moyens, sera grand cette année.

À propos M’HAMED B.

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